L’évangéliste a parfois été considéré comme l’homme miracle. Celui qui, en l’espace de trois réunions, va amener à la conversion les cœurs les plus endurcis, guérir tous les malades, résoudre les problèmes de l’assemblée, apporter le Réveil et permettre à l’Église de connaître une croissance phénoménale. Et tout cela, bien sûr, en un week-end !
Même si ce cliché de l’évangéliste tend à s’estomper, il reste présent dans l’esprit de beaucoup. L’évangéliste n’est ni le Christ, ni Harry Potter, ni un surhomme.
Éphésiens 4.11 apporte un coup de projecteur salutaire et remet les choses en place par rapport à sa mission et au bien fondé de son ministère. Les dons qu’il a faits, ce sont des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et enseignants, afin de mettre les saints en état d’accomplir le ministère pour bâtir le corps de Christ.
Si j’ai bien compris :
– L’évangéliste est un cadeau de Jésus à son Église. Ce n’est donc pas un boulet, un homme-miracle, ou un saint illuminé !
– Comme les quatre autres dons, son ministère s’exerce surtout par le biais de la Parole.
– Une partie de son ministère consiste à équiper ou mettre les croyants en état d’accomplir le ministère. Il met donc les autres au boulot. C’est un créateur d’emplois !
L’évidence est là : l’Église a besoin d’évangélistes pour remplir sa mission. Certains l’ont compris et font appel régulièrement à des ministères « extérieurs ». D’un point de vue pratique, un évangéliste peut être utile de plusieurs manières :
Une expérience irremplaçable
L’évangéliste bénéficie d’une certaine expérience. Il travaille avec des Églises de différentes dénominations. Il voyage. Il exerce son ministère dans des contextes et avec des publics différents. L’appel et les dons que Dieu lui a donnés, le savoir-faire, le discernement, sa capacité à s’adapter, à comprendre le milieu où il intervient sont autant d’atouts pour la communauté qui l’invite. Avant de prêcher ou d’enseigner l’évangéliste est d’abord là pour écouter les leaders de la communauté, comprendre les besoins et écouter Dieu.
Aider à moissonner
Ne l’oublions pas : l’évangéliste est avant tout un gagneur d’âmes. Un moissonneur. Il y a quelques mois, une Église en région parisienne m’a invité pour un week-end d’évangélisation. Grâce à Dieu, grâce à une excellente préparation et un engagement sans faille sur plusieurs jours, nous avons vu plus de 25 personnes répondre à l’appel au salut. Même en France, il est possible de moissonner. L’évangéliste est heureux lorsqu’il peut apporter son aide à une communauté, surtout lorsque celle-ci n’attend pas tout de lui, mais se prépare dans la prière, le jeûne, le témoignage, la réconciliation… La bénédiction est au rendez-vous. C’est aussi ce que nous avons vécu tout récemment en août dernier au Rwanda. Une vingtaine d’évangélistes étaient invités pour une mission de 7 jours. Une année de préparation par les Églises locales. Un authentique travail d’unité entre dénominations. 105 réunions d’évangélisation organisées dans différents lieux et milieux en une semaine. 80 000 personnes ont entendu l’Évangile. Plus de 7 500 personnes ont décidé de confier leur vie à Jésus. Des communautés ont grandi, comme cette assemblée qui est passé de 50 membres à 120 en une semaine.
Former à l’évangélisation
Éph. 4.11 et 1 Tim. 4.5 mettent l’accent, sur l’aspect de l’équipement pour les croyants. En particulier dans tout ce qui touche à la question de l’évangélisation. Comment préparer une semaine ou un week-end d’évangélisation ? Comment témoigner de sa foi ? Apporter son témoignage ? Que répondre à telle ou telle question ? Etc. En juin dernier, une communauté, encore en banlieue parisienne, m’a invitée. Au programme, formation à l’évangélisation et le samedi après-midi, sous l’impulsion du pasteur, mise en pratique. Allez, on sort ! Nous étions huit, dont plus de la moitié pour la première fois, à aller frapper aux portes des immeubles du voisinage.
Résultat :
– Des chrétiens qui ont pris conscience des besoins et de la soif spirituelle de personnes à quelques mètres de chez eux
– La joie d’avoir pu allier spontanément la théorie à la pratique. Ça marche !
– Une personne qui nous a fait rentrer chez elle, nous a demandé nos témoignages et touchée, est venue le lendemain passer la journée avec nous à l’Église.
Tout cela en à peine 1 h 30 ! Imaginez 1 h 30 répétée 20 ou 50 fois !
Au fait, à quand pour une série de rencontres chez vous ?
Emmanuel Maennlein