En tant que disciples et témoins de Jésus, quelle est notre situation dans ce monde ? Et quelle doit être notre posture face à l’humanité sans Dieu qui nous entoure ? Pour répondre à ces questions, penchons-nous ensemble sur la première épître de Pierre. Voici le verset qui l’introduit : « De la part de Pierre, apôtre de Jésus-Christ, à ceux qui sont étrangers et dispersés dans le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l’Asie et la Bithynie. À vous qui avez été choisis ».

Les termes dans lesquels l’apôtre s’adresse à ses lecteurs nous concernent nous aussi, aujourd’hui, au 21ème siècle. Nous sommes étrangers et dispersés, mais nous sommes aussi choisis !

1. étrangers et voyageurs sur cette terre…

Pierre s’adresse, dans sa lettre, à ceux qui vivent en immigrés. En effet à l’époque, de nombreux juifs ne vivaient pas en Palestine comme des citoyens de la terre sainte, mais comme des immigrés dans la dispersion en diverses provinces autour de la Méditerranée. Certains d’entre eux s’étaient tournés vers le Christ. Et leur foi en Jésus au milieu d’un monde dominé par la puissance de Rome et les cultes païens ne leur rendait pas la vie facile. C’est à eux que Pierre s’adresse.

Il existe un lien entre cette condition d’immigré, fragilisé par le déracinement, et notre condition de croyants. En effet, ceux qui vivent par la foi sont, selon la Lettre aux hébreux : « étrangers et résidents temporaires sur cette terre » (Hébreux 11.13). Et même si nous avons d’ores et déjà reçu l’Esprit Saint comme un gage de notre héritage avenir, nous n’avons pas encore pleinement obtenu les choses promises. Mais nous les voyons et nous les saluons de loin (Hébreux 11.13), et nous nous réjouissons en espérance (Romains 12.12). Car ces choses constituent l’objet de notre « espérance vivante », « l’héritage qui nous est réservé dans les cieux » (1 Pierre 1.3-4). Dans l’attente patiente de cet héritage, nous sommes « maintenant, pour un peu de temps, affligés par diverses épreuves » (1 Pierre 3.6).

Il existe donc un lien particulier qui unit le caractère fragile, fugace, et incomplet de la vie humaine, à la foi. La foi, c’est une attitude de dépendance envers Dieu et de confiance dans ses promesses au milieu des épreuves, et d’une forme d’exil.

2. …mais choisis pour annoncer sa lumière.

Un autre aspect de notre identité de disciples et de témoins du Christ est le choix de Dieu. Nous avons été choisis pour une mission : « annoncer les qualités de celui qui nous a appelés des ténèbres à son éblouissante lumière » (1 Pierre 1.9). C’est ce qu’on peut appeler notre ré-orientation. En Christ, nous avons reçu une nouvelle nature et vécu une re-création : ce qui est ancien est passé, et toute chose est devenue nouvelle. L’image de Dieu en nous avait été atteinte par la chute, la fracture, qui nous avait détournés de notre but. Mais Jésus est intervenu, et a opéré une ré-orientation : nous avons été re-destinés et ré-orientés. Notre destinée que nous avions perdue a été retrouvée. Dieu a fait de nous son chef-d’œuvre en nous unissant à Jésus. Il nous a choisis pour vivre une vie nouvelle, guidée par une espérance vivante : le voir face à face et lui ressembler toujours plus. Et il nous garde par sa puissance pour annoncer ses œuvres merveilleuses.

Pour conclure :

A présent, je vous invite à vous examiner, et à vous poser quelques questions :

  • Ne vous arrive-t-il pas parfois de vous considérer comme arrivés dans la vie, et d’oublier que vous êtes, sur cette terre, des étrangers de passage ?
  • Que ce soit la pandémie que nous avons traversée, la guerre en Ukraine, ou l’inflation… Qu’est-ce que les crises passées et présentes vous enseignent sur la fragilité de votre existence, et sur l’attitude qui devrait être la votre face à Dieu ?
  • Comment est-ce que vous vivez les limites de votre vie humaine fragile ? Êtes-vous dans le déni ? Vos limites ne sont-elles pas un don de Dieu ? Dieu ne désire-t-il pas se glorifier dans votre faiblesse ? Et votre témoignage ne passe-t-il pas par l’humilité ? Cette humilité qui découle de votre condition de voyageur sur la terre, dispersé au milieu d’un monde souvent hostile à la foi ? C’est cette humilité qui vous rend vulnérable devant Dieu, et humbles et accessibles devant les autres. En êtes-vous conscient ?
  • Quelles sont les œuvres merveilleuses de Dieu, que vous repérez dans votre histoire, celle de vos proches, de votre communauté ?
  • Comment allez-vous, autour de vous, magnifier ce Dieu qui vous a appelés des ténèbres à sa stupéfiante lumière ?

Que le Seigneur vous remplisse, par la foi en lui, de son espérance et de son humilité, pour que vous puissiez porter, comme un flambeau dans le monde, la lumière de l’espérance.

Christel Lamère N’Gambi