Accueil des Ukrainiens à Épinal

En septembre 2019, lors d’un culte de notre jeune Église à Épinal, nous avons vu arriver, Yelysaveta (Liza). Cette Ukrainienne de 20 ans venait passer une audition au Conservatoire. Elle ne parlait pratiquement pas français. Elle venait d’une famille chrétienne sans être elle-même engagée. 2 semaines plus tard, elle nous invita, mon épouse et moi, à assister à son audition de sélection. Son professeur a alors lancé un appel pour trouver une famille prête à l’accueillir le temps de ses études. Étant arrivée en retard, mon épouse n’était pas assise à côté de moi. Mais sans même nous concerter, spontanément, nous avons eu à cœur tous les deux de nous proposer pour l’héberger. Un accueil qui aura duré au final un peu plus d’un an et demi, en pleine période de confinement.

Résultat : Aujourd’hui, 3 jeunes Ukrainiennes, qui parlent français couramment, sont engagées dans notre Église. J’ai eu la grande joie de baptiser 2 d’entre elles en 2021. Nos 3 jeunes artistes sont régulièrement sollicitées par les médias locaux et les associations pour chanter en faveur de l’Ukraine. À travers elles, je suis en lien avec la préfecture, la mairie, des associations sociales et une association franco-ukrainienne. Le Caféchange, une permanence pastorale que j’ai ouvert en centre-ville il y a un an, a gagné en visibilité. J’y réalise, sur place, de courtes vidéos, au cours desquelles je propose aux gens de la ville de venir échanger avec moi, le temps d’un café. Ces courtes vidéos gravitent autour de 4 thèmes. L’un d’eux – vous avez la parole – donne la parole aux acteurs de la vie de la cité, connus et plus discrets. J’ai ainsi pu donner la parole au président de l’association Lyouba Lorr’Ukraine. Il a expliqué comment apporter de l’aide concrète en faveur de l’Ukraine.

Nos 3 jeunes Ukrainiennes sont insérées dans la vie locale. Ce sont des ambassadrices connues. Et elles n’hésitent pas à témoigner de leur foi, et à parler de l’Église. Depuis fin mars, leurs 2 familles sont arrivées sur Épinal avec quelques amis. Parmi eux, une autre chrétienne, qui vient d’être accueillie dans une Église sœur de la région. Avec des associations locales, nous avons pu les aider dans leurs déménagements (entre un logement courte durée, un logement plus pérenne…) et leur installation. Nous les accompagnons dans toutes leurs démarches. Parfois nous devons aussi plaider en faveur de leurs causes. Lors de nos cultes, les lectures bibliques sont faites en français et en ukrainien. A Pâques, nous avons pu organiser un concert engagé devant un public franco-ukrainien. Dans les rangs, une représentante de la mairie, et une centaine de personnes venues pour la première fois ! L’Évangile a pu être annoncé simplement, mais aussi incarné.

En toutes ces choses, à aucun moment nous n’avons calculé… Nous avons juste aimé, ouvert notre cœur, notre famille, l’Église. Nous avons cherché à vivre l’Évangile en étant attentifs, à l’écoute du besoin qui s’est présenté à notre porte. Régulièrement des personnes me demandent : « Mais comment connaissez-vous ces jeunes filles ? ». Et alors, c’est l’occasion de rendre témoignage, et d’expliquer simplement comment la providence divine a conduit les évènements.

Bien sûr, tout cela n’est pas idyllique ! Ces familles arrivent avec leurs histoires, leurs souffrances, leurs questionnements, leur culture, leurs émotions, des hauts et des bas, la difficulté de l’insertion et de la langue, et beaucoup d’incertitudes. Mais c’est aussi l’occasion pour nous de nous confier en Dieu et en sa grâce pour apprendre et progresser ensemble. Nous essayons de les accompagner au mieux, sans même savoir combien de temps tout cela va durer. À travers tout cela, nous avons fait de nouvelles rencontres. Et l’on parle de notre petite Église, du Caféchange et du pasteur Raphaël Delforge.

Récemment, je suis allé à la préfecture avec Pierre Maignial, délégué du CNEF88. Nous avons proposé nos services et demandé comment nos Églises peuvent contribuer à l’effort d’accueil et apporter leur aide de manière concrète sur le plan local. Le directeur qui nous a reçus m’a dit : « j’avais entendu parler de vous ». Que le Seigneur nous permette de rayonner par ce biais pour sa gloire et d’impacter positivement la vie de notre département.

Raphaël Delforge