Faire des disciples, retours d’expérience : Aurélien Lang – R2E promotion 2008

Au Foyer Évangélique Universitaire de Grenoble (FEU), la multiplication des disciples est une priorité à laquelle tous participent.
Une priorité, pas seulement une des tâches du ministère.
Quand un étudiant chrétien vient au FEU, il doit savoir rapidement que notre culture est une culture de la multiplication de disciples. En début, en milieu et en fin d’année, nous rappelons notre mission à nos étudiants engagés lors d’une prédication ou au cours d’une réunion de planification. Nous ne voulons pas que les étudiants s’éparpillent. Déjà investis dans leurs études et dans leur Église locale, nous voulons qu’ils saisissent que Dieu les a déjà placés dans un contexte pour faire des disciples qui feront à leur tour des disciples.


Concrètement, nous réfléchissons intentionnellement à chacune de nos activités : est-ce que cela favorise la multiplication des disciples ? Si oui, nous persévérons. Si non, nous l’oublions. Un exemple ? Quelques temps auparavant, notre soirée du dimanche soir (ou soirée-crêpes) était une soirée très attractive. Les étudiants chrétiens invitaient leurs amis à passer un moment convivial autour d’un repas et autour de moments ludiques pour développer les relations. Par la suite, les étudiants invitaient ensuite leurs amis non-chrétiens à participer à un groupe découverte de l’Évangile (ce groupe se réunissait à un autre moment de la semaine). Mais au fil du temps, la soirée du mercredi a petit à petit rempli cette fonction (convivialité et découverte de la foi). Du coup, les dimanches soirs ne favorisaient plus la multiplication des disciples.


En tant que responsables, nous devons être activement et personnellement impliqués dans la formation de disciples. Si les étudiants ne nous voient pas faire des disciples, ils n’en feront pas non plus. Par exemple, si je réponds à toutes les autres (bonnes !) sollicitations du ministère (enseigner par monts et par vaux, participer à tout un tas d’événements chrétiens, organiser des centaines d’activités, etc…) alors, ils croiront, implicitement c’est ce qui est vraiment important. Rien n’est plus important que d’ancrer la formation des disciples dans une routine hebdomadaire afin que les étudiants sachent que nous pratiquons aussi ce que nous leur demandons de faire.

Tous participent, pas seulement une élite

Que fait Dieu dans le monde ? C’est la grande question que posent Tony Payne et Col Marshall dans leur livre « L’essentiel dans l’Église » La réponse est simple : il délivre des personnes de la puissance des ténèbres et les transporte du royaume des ténèbres vers le royaume de son Fils bien-aimé grâce à son rachat et au pardon des péchés . Son Royaume grandit quand des hommes et des femmes placent leur confiance en lui et sont transformés de plus en plus à l’image de son Fils. Comment cette transformation se produit-elle ? Grâce à une compréhension renouvelée et toujours plus approfondie de l’Évangile . C’est pourquoi, en faisant la vaisselle, en marchant vers la fac ou en savourant un café fumeux au Foyer, nous cherchons à proclamer le Christ dans la dépendance du Saint-Esprit afin d’expérimenter cette transformation . C’est cette croissance et cette diffusion de l’Évangile pour la gloire de Dieu qui inspire les disciples à faire des disciples !


Pratiquement, nous ne faisons pas de distinction entre les réunions dites d’évangélisation et d’édification. Nous croyons que la proclamation de l’Évangile permet à la fois aux non-chrétiens de comprendre ce message et de se positionner en conséquence, et d’édifier le chrétien . Autrement dit, l’Évangile permet la nouvelle naissance, mais aussi la croissance spirituelle.


Pour nous, « faire des disciples » se réfère à chaque étape du processus à partir de la condition de mort spirituelle jusqu’à la condition de maturité spirituelle qui porte du fruit et qui se reproduit. Ainsi, tout événement communiqué par mail, sur les réseaux sociaux ou « du haut de la chaire », est ouvert à tous. Par conséquent, nous veillons à inclure les non-chrétiens présents (en faisant particulièrement attention à notre langage ou à nos blagues). L’objectif est que chacun se sente accueilli dans notre communauté dirigée par la Parole pour qu’il puisse être exposé à son message.

Dirigé par la Parole, pas seulement inspiré par elle

L’Église naît et vit de la Parole de Dieu. Nous voulons qu’elle soit au centre de tout ce que nous faisons ou disons. Pour cela, nous voulons que les étudiants voient les responsables attacher une grande importance à cette Parole. Puisqu’elle révèle l’Évangile, nous voulons qu’ils apprennent à exposer la Parole avec droiture pour eux-mêmes et les autres en leur enseignant les principes fondamentaux d’interprétation de la Bible (formation formelle) mais aussi en les exposant régulièrement à cette Parole par la prédication et l’étude biblique en groupe (formation informelle).


Pour nous, la Bible ne doit pas seulement inspirer ce que nous faisons, elle doit être opérante. Elle doit diriger tout ce que nous faisons. Pourquoi ? Parce que les saisons changent, les méthodes changent, les stratégies changent. Et si hier nous avons fait allégeance à une méthode ou à une stratégie, demain nous courons le risque de nous retrouver veufs. En revanche, la Parole de Dieu est toujours pertinente, toujours percutante, toujours saisissante pour nous aujourd’hui. La question est alors simplement : est-ce que je crois cela ? Si non, alors je vais être tenté de constamment suivre la tendance ou les dernières techniques de management ou d’évangélisation à la mode. (Je cours alors le risque d’être agité, constamment insatisfait et fatigué.) Si oui, alors je peux croire qu’à chaque fois que j’ouvrirai les Saintes Écritures, la Parole ne reviendra pas à Dieu sans avoir accompli la mission qu’il avait lui-même désirée (Cf. Esaïe 55.11)


Ruben, un étudiant colombien, est venu au FEU plusieurs fois avant de devenir chrétien. Exposé à la Bible et à son message grâce à Jonathan et Justin, il décide un jour de suivre le Christ. Il se met à lire la Bible tout seul, puis avec un responsable du FEU. Sa transformation est spectaculaire ! Au bout d’un moment, il se fait baptiser dans son Église locale. Généreux, amical et chaleureux, il invite régulièrement ses amis hispanophones à venir découvrir l’Évangile lors de nos soirées. Puis, il commence à lire la Bible avec Alexandro (un étudiant curieux). Un soir, après une étude, tout excité, il me dit : « Alexandro a prié pour la première fois ce soir ! » La multiplication continue…

Aurélien Lang