Aucun disciple de Christ n’est digne de ce nom s’il n’aspire pas à vivre les valeurs du royaume. En ce sens, la nouvelle génération est évidemment concernée par les valeurs d’humilité, d’intégrité et de simplicité. Dans ces trois domaines, cette génération révèle des points forts et des points à améliorer :

Humilité :

La nouvelle génération est à l’écoute de ses aînés. Si le mentorat, l’accompagnement sont autant discutés aujourd’hui, c’est aussi parce que toute une génération recherche des conseils. Elle est prête à apprendre et à se laisser reprendre par des personnes plus expérimentées. Les jeunes ne s’inscrivent pas en rupture avec leurs Églises, bien au contraire. Nombre d’entre-eux aimeraient développer davantage de relations avec leurs responsables pastoraux et apprendre de ces derniers.

Mais cette génération a accès à de multiples ressources théologiques, missiologiques, notamment sur Internet. Ces ressources proviennent souvent d’Outre-Atlantique et ne sont pas toujours utilisées à bon escient ; comme l’importation de problématiques peu pertinente dans le contexte français. Ce développement de connaissances théologiques amène parfois des débats stériles plutôt que l’envie de grandir avec le Christ. En outre, les moyens de communication utilisés tels les réseaux sociaux ou les blogs réclament davantage de maîtrise de soi, de maîtrise de ses propos que d’autres moyens de communication. J’aime dire à ma génération que les proverbes de la Bible concernant « la langue » s’appliquent aussi à l’Internet et Facebook.

Intégrité :

Nous avons à faire à une génération qui recherche la transparence. La redevabilité, le désir de combattre pour la pureté se retrouvent chez beaucoup. Le sujet de la pornographie paraît moins tabou par exemple chez les jeunes gars que chez leurs aînés qui parfois connaissent… le même problème. Par contre, la nouvelle génération aurait beaucoup à apprendre de l’engagement et de la loyauté des générations qui la précèdent. Elle vit tellement dans l’immédiat, au jour le jour. Rapidement enthousiaste pour une cause, l’engagement dans la durée reste problématique. Pourtant le disciple de Christ se doit d’être quelqu’un de fiable, sur qui l’on peut compter, fidèle dans les petites choses, prêt à s’engager sur le long terme.

Simplicité :

Il est beau de voir une génération remplie d’audace. Le Christ a dit « d’aller », alors ils sortent dans la rue rencontrer les passants pour leur annoncer la Bonne Nouvelle. Ils entendent parler de l’urgence de l’évangélisation des peuples non-atteints, et immédiatement s’engagent à leur niveau dans cette cause. En tant que prédicateur, je suis encouragé par les réponses immédiates d’obéissance à la parole de Dieu que je vois chez les jeunes. Il est important de veiller à ce que, ce désir d’obéissance demeure toujours leur aspiration première. Je parlais récemment avec un orateur Suisse. Après avoir prêché à des jeunes en France, il m’a fait part de son encouragement de voir leur écoute. Je lui ai donc demandé comment cela se déroulait en Suisse. Il m’a répondu « il y a tellement de rassemblements de jeunes organisés là-bas, que les organisations pour rivaliser les unes avec les autres essayent d’en mettre plein la vue aux jeunes : le meilleur concert, spectacle, défi sportif etc…S’il est important de mettre en place des programmes attractifs pour les jeunes, il ne faut jamais oublier l’essentiel ». Son conseil résonne donc comme un avertissement pour ceux qui oeuvrent parmi la jeunesse : n’oublions pas l’essentiel !

Saotra Rajaobelina