Çà vous est déjà arrivé d’avoir le syndrome de l’imposteur, et de vous sentir indigne de la mission que Dieu vous a confiée ? Vous vous demandez alors : « Mais qui suis-je pour être témoin de Jésus auprès de mes collègues de travail, dans ma famille ? » Si c’est votre cas, rassurez-vous ! Moïse aussi, a connu le syndrome de l’imposteur.

Lisons Exode 3.10-14 :

L’Éternel dit à Moïse :

« Maintenant, va, je t’envoie vers le Pharaon ; fais sortir d’Égypte mon peuple, les Israélites. »

Moïse dit à Dieu :

« Qui suis-je, pour aller vers le Pharaon et pour faire sortir d’Égypte les Israélites ? »

Dieu dit :

« Je suis avec toi ; et voici quel sera pour toi le signe que c’est moi qui t’envoie : quand tu auras fait sortir d’Égypte le peuple, vous rendrez un culte à Dieu sur cette montagne. »

Moïse dit à Dieu :

« J’irai donc vers les Israélites et je leur dirai : le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous. Mais, s’ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ? »

Dieu dit à Moïse :

« Je suis celui qui suis. Et il ajouta :

« c’est ainsi que tu répondras aux Israélites : Celui qui s’appelle “ Je suis ” m’a envoyé vers vous. »

Moïse demande à Dieu : « Qui suis-je pour aller ? ». Mais Dieu ne répond pas à sa question ! Il lui répond : « Je suis avec toi » ! Et il lui dit encore : « tu répondras aux Israélites : Celui qui s’appelle “Je suis” m’a envoyé vers vous »

Mais quel est le problème de Moïse ? Il ne regarde pas au bon endroit ! Il se regarde lui-même, et il regarde à ses faiblesses. Mais Dieu va lui montrer que sa faiblesse n’est pas un obstacle, mais une opportunité qu’il va utiliser pour manifester sa gloire. Puis Dieu va se révéler à Moïse, et il lui demande, pour prendre courage, de contempler qui il est. Enfin, Dieu va inviter Moïse à regarder à la souffrance de ceux vers qui il l’envoie. Nous aussi, Dieu veut réorienter notre regard : sur nous-mêmes, sur lui, et sur ceux vers qui il nous envoie.

1. Change ton regard sur tes faiblesses

Moïse a demandé à Dieu : « Qui suis-je, pour aller vers le Pharaon et pour faire sortir d’Égypte les Israélites ? ». À l’heure où il pose cette question, dans quel état se trouve-t-il ? «Moïse faisait paître le troupeau de Jethro, son beau-père, sacrificateur de Madian » (Exode 3.1).

Moïse n’est qu’un simple berger, qui ne se sent pas à la hauteur ! Mais il n’a pas toujours été un simple berger ! Cet hébreu a été élevé dans le luxe de la cour du pharaon, et instruit dans toute la sagesse de l’Egypte. Puis, arrivé à l’âge adulte, il se révolte contre le sort injuste imposé à ses frères hébreux. Il veut leur rendre justice ! Et il tue alors un égyptien qui bat un esclave hébreu, l’un de ses frères. Il cherche à faire justice à son peuple avec sa propre force. Après cela, il essaye d’apaiser une dispute entre deux hébreux, et l’un d’eux lui dit alors : « Qui t’a établi chef et juge sur nous ? Vas-tu me tuer, comme tu as tué l’égyptien ? ». Le pharaon apprend alors ce qui se passe et cherche à tuer Moïse, qui fuit au désert. Et c’est là qu’il épouse la fille d’un berger, Jethro, dont il garde les troupeaux au désert. Il a d’elle un fils qu’il appelle Guerchom, ce qui signifie : « je suis immigrant dans un pays étranger ».

Moïse est donc un homme exilé, déraciné, un homme brisé dans son identité : séparé de son peuple : les hébreux, et dépouillé de la dignité reçue à la cour du pharaon. Et en plus, c’est un fugitif ! Il se cache de la colère du pharaon, qui veut le tuer ! Et il a le syndrome de l’imposteur ! parce qu’on lui a dit : « Tu te prends pour qui ? Tu n’es pas des nôtres, mais tu as grandi à la cour de notre tortionnaire, le pharaon ! Qui t’a établi chef et juge sur nous ? Vas-tu me tuer, comme tu as tué l’égyptien ? ». En plus, Moïse ne fait même pas paître son propre troupeau, mais celui de son beau-père ! C’est un tel homme, humble et brisé, que Dieu appelle, pour faire paître son troupeau, son peuple.

Quelle leçon pouvons-nous apprendre de cette histoire ?

Dans sa mission, Dieu n’appelle pas des gens fiers et sûrs d’eux-mêmes. Il appelle des gens brisés. Alors ne t’étonne pas si Dieu te fait passer, dans ta vie, par l’épreuve du brisement, du désert, et de l’anonymat… Comme Moïse, Paul a lui aussi, dans son zèle pour Dieu, cherché à établir la justice de Dieu avec sa force. Avant de devenir serviteur de Christ, il a persécuté et mis à mort les chrétiens, convaincu d’agir par zèle pour Dieu, Dieu a dû l’arrêter, et il s’est souvenu toute sa vie de sa nature orgueilleuse et mauvaise. Le brisement rend humble !

En plus de cela, Paul devait vivre avec une infirmité, une écharde dans sa chair, dont Dieu ne l’a pas délivré, puisqu’il lui a dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse ». Et Paul a déclaré (2 Corinthiens 12.9-10) : « Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi ». Une autre version dit : « le Seigneur m’a dit : ma grâce te suffit : car ma vertu manifeste sa force dans l’infirmité. Je me glorifierai donc très volontiers plutôt dans mes infirmités ; afin que la vertu de Christ habite en moi ». Mais quelle est donc la vertu, le caractère de Christ ? C’est son humilité ! Le texte de l’Exode nous apprend que Moïse était l’homme le plus humble de la terre !

Ni Moïse, ni Paul, ni Pierre qui a renié Jésus n’ont été disqualifiés par leurs manquements. Au contraire ! Il fallait qu’ils soient humiliés par le brisement de leur orgueil pour que Dieu se serve d’eux. Ainsi, pour que le caractère humble de Jésus se manifeste en nous, il est nécessaire que nous fassions l’expérience du brisement, de nos limites, de nos faiblesses, et de nos infirmités ! Quel renversement de notre façon humaine de penser et d’agir !

Alors, si tu traverses un désert, et si tu fais l’expérience de tes limites et de tes manquements, ne te décourage pas ! Car c’est à partir de tes limites et de tes manquements, que Dieu va se glorifier dans ta vie, car c’est dans ta faiblesse que Dieu peut révéler sa force ! Et c’est dans l’expérience de tes limites que tu vas faire l’expérience de sa force et son secours, et que Dieu va développer, dans ta vie, le caractère humble de Jésus. Tes limites, tes faiblesses, et tes manquements ne te disqualifient pas, mais ils t’aident à compter sur Dieu et à rentrer dans son plan pour ta vie de la bonne manière, c’est-à-dire, en comptant – non pas sur toi – mais sur lui.

2. Regarde dans les profondeurs du grand « Je suis »

À Moïse, qui demande à Dieu : « Qui suis-je pour aller… ». Dieu répond : « Je suis avec toi » ! Le grand « Je suis est avec toi ! Moïse ! çà ne te suffit pas ? Que demandes-tu en plus ? ». Pour accomplir la mission de Dieu, le plus important n’est pas qui je suis, mais la présence de Dieu à mes côtés, le fait que le grand « Je suis » est avec moi. Et le grand « Je suis », qui envoie Moïse s’est déjà révélé à Moïse, comme un Dieu proche.

Dieu apparaît à Moïse dans un buisson ardent qui ne se consume pas (Exode 3.2-6) :

L’Ange de l’Éternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson. Moïse regarda, et voici que le buisson était tout en feu, mais que le buisson ne se consumait point. Moïse dit : Je vais faire un détour pour voir quel est ce spectacle extraordinaire, et pourquoi le buisson ne brûle pas. L’Éternel vit qu’il faisait un détour pour voir ; et Dieu l’appela de l’intérieur du buisson et dit : Moïse ! Moïse ! Il répondit : Me voici ! Dieu dit : N’approche pas d’ici, ôte tes sandales de tes pieds, car l’endroit sur lequel tu te tiens est une terre sainte. Et il ajouta : C’est moi le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de diriger ses regards vers Dieu.

Mais quel est le sens de cette apparition ? Dieu a voulu susciter la curiosité de Moïse. Moïse est curieux devant le phénomène du buisson ardent, alors nous aussi, soyons curieux. Le buisson brûle et ne se consume pas, de même, Dieu ne s’use pas, il ne vieillit pas, il ne change pas, mais il est toujours là ! à chaque instant du passé, du présent, et de l’avenir ! Et l’on peut voir, et ressentir, expérimenter sa présence, tout comme on ressent la chaleur d’une flamme, tout comme on voit sa lumière.

Quelle leçon pouvons-nous apprendre de cette vision accordée à Moïse ?

Dieu est éternellement présent. Il est à la fois hors du temps et dans le temps. Il était là avant que le monde existe ; il est là quand tu rentres dans ta chambre pour prier. Et il est là, aujourd’hui, présent au milieu de nous. En ce sens-là, le sol où tu te trouves, que ce soit celui de ta chambre, celui de cette église, où même ton lieu de travail, est une terre sainte ! En es-tu conscient ? Dieu est hors du temps, il n’a ni commencement ni fin, il est le commencement et la fin, il est souverain, il est le maître de l’histoire, il tient toute chose dans ses mains. Mais il est aussi celui qui est toujours présent à nous, à chaque instant, auprès de chacun, partout. Il s’appelle « Je suis », et il nous dit, en Jésus : « Je suis est avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28.20).

Dieu n’est pas un Dieu lointain, il est NOTRE Dieu, et il se présente ainsi à Moïse : « C’est moi le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ».

3. Regarde au cœur missionnaire de Dieu, qui t’envoie dans le monde

À Moïse, qui demande à Dieu : « Qui suis-je pour aller… », Dieu répond : « Je suis avec toi » ! Çà y est ! Moïse n’est donc plus un imposteur ! Quel soulagement ! À l’hébreux qui lui a demandé : « Qui t’a établi chef et juge sur nous ? », Moïse peut maintenant répondre en disant : « Je ne viens pas en mon propre nom ! C’est Dieu qui m’envoie ! » ; et « Ce n’est pas moi qui vais vous délivrer, mais c’est le grand « Je suis », qui est avec moi, et qui vient au devant de vous pour vous délivrer ! ».

Moïse demande à Dieu : « Mais, s’ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ? ». Dieu lui répond : « c’est ainsi que tu répondras aux Israélites : Celui qui s’appelle “ Je suis ” m’a envoyé vers vous. » Le grand « Je suis » est le Dieu de Moïse, et il est le Dieu qui l’envoie. Et c’est ce même Dieu qui nous envoie dans le monde, afin de célébrer les qualités de celui qui nous a fait passer des ténèbres à son admirable lumière (1 Pierre 2.9). Et Dieu, après s’être révélé à Moïse dans le buisson comme le grand « Je suis », se révèle comme le Dieu missionnaire, le Dieu qui voit, qui entend, et qui envoie.

Nous lisons Exode 3 v.7-10 :

L’Éternel dit : J’ai bien vu la misère de MON peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu son cri à cause de ses oppresseurs, car je connais ses douleurs. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et pour le faire monter de ce pays dans un bon et vaste pays, dans un pays découlant de lait et de miel, dans la région où habitent les Cananéens, les Hittites, les Amoréens, les Phéréziens, les Héviens et les Yebousiens. Maintenant le cri des Israélites est venu jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que leur font subir les Égyptiens. Maintenant, va, je t’envoie vers le Pharaon ; fais sortir d’Égypte mon peuple, les Israélites.

Aux jours de Moïse, Dieu n’a pas été insensible à la souffrance de son peuple. Il est le même aujourd’hui ! Il n’est pas insensible à la souffrance des humains. Jésus, à la vue de la foule, fut ému de compassion pour elle, car elle était languissante et abattue comme des brebis qui n’ont pas de berger, littéralement, il est remué jusque dans ses tripes, il est retourné par la souffrance des gens, Et c’est alors qu’il envoie les 12 en mission pour annoncer la Bonne Nouvelle, chasser les démons, et guérir les malades. Et il les envoie avec SON autorité et SA puissance.

Quelle leçon retenir pour nous-mêmes, de la mission de Moïse ?

Dieu connaît les douleurs, l’oppression, l’esclavage, la misère, de ceux qui se perdent loin de lui. Il est descendu en Jésus pour délivrer les humains et les faire rentrer dans la vie du royaume. Mais nous, est-ce que nous entendons leur cri ? Est-ce que nous voyons l’oppression de ce qui sont esclaves du péché et de Satan ? Moïse a libéré les israélites de l’Égypte, et Dieu veut aussi t’utiliser pour libérer les captifs du péché et du diable.

As-tu parfois, dans ta vie de serviteur de Dieu et de témoin de Jésus, le syndrome de l’imposteur ?

Si c’est le cas, souviens toi de ces 3 choses :

  • 1. Tes limites et tes manquements ne sont pas des limites pour Dieu. Au contraire ! Il va s’en servir pour se glorifier dans ta faiblesse ! Simplement, il faut que tu te souviennes que c’est Dieu qui t’envoie ! Ne cherche pas à prendre la place de Dieu, mais compte humblement sur Lui ! Et n’oublie pas que le grand « Je suis » n’envoie dans sa moisson qu’une sorte d’hommes et de femmes, ceux dont l’orgueil a été brisé, et qui s’appuient entièrement, dans leur faiblesse, sur sa seule présence.
  • 2. Le grand « Je suis » te dit « Je suis avec toi » ! Dieu n’est pas un Dieu lointain, mais il est là, il est présent, et il veut entrer en relation avec toi, il veut être TON Dieu ! C’est un Dieu de relation. Il est toujours avec toi, même quand tu ne le sens pas ! Et il est toujours désireux d’établir la relation avec toi. Dieu est pleinement présent pour nous ! Et nous, sommes-nous présents, ou absents au rendez-vous de Dieu ? Moïse a dit : « Me voici » ! Faisons de même, et cultivons amoureusement nos rendez-vous avec Dieu.
  • 3. C’est le grand « Je suis » qui t’envoie dans sa mission, parce qu’il est le Dieu missionnaire ! En d’autres termes, la mission de Dieu repose sur le cœur de Dieu, qui est ému de compassion devant la souffrance de ses créatures ! C’est le grand « Je suis » qui te dit : « Maintenant, va, je t’envoie » ! C’est aujourd’hui, le jour de la missio dei ! Jésus revient bientôt ! Soyons donc prêts à témoigner de notre espérance !

As-tu parfois, dans ta vie de serviteur de Dieu et de témoin de Jésus, le syndrome de l’imposteur ? Moïse disait avoir les lèvres malhabiles, et il s’est débattu avec cela ! Il s’est même débattu avec Dieu pour ne pas aller parler aux oreilles du peuple et du pharaon. Et Dieu lui a envoyé son frère Aaron pour lui « servir de bouche » (Exode 4.10-16) :

Moïse dit à l’Éternel :

Ah ! Seigneur, moi je ne suis pas un homme qui ait la parole facile, et ce n’est ni d’hier, ni même d’avant-hier, ni même depuis que tu parles à ton serviteur ; car moi j’ai la bouche et la langue pesantes.

L’Éternel lui dit :

Qui a donné une bouche à l’être humain ? Et qui rend muet ou sourd, voyant ou aveugle ? N’est-ce pas moi, l’Éternel ? Va donc maintenant ; c’est moi qui suis avec ta bouche, et je t’enseignerai ce que tu auras à dire.

Moïse dit :

Ah ! Seigneur, envoie qui tu voudras envoyer.

Alors la colère de l’Éternel s’enflamma contre Moïse, et il dit :

N’y a-t-il pas ton frère Aaron, le Lévite ? Je sais qu’il parlera facilement. D’ailleurs, le voici lui-même qui vient à ta rencontre. Quand il te verra, il se réjouira de tout cœur. Tu lui parleras et tu mettras ces paroles dans sa bouche ; et moi, je serai avec ta bouche et avec sa bouche, et je vous enseignerai ce que vous aurez à faire. Il parlera pour toi au peuple ; il te servira de bouche, et tu tiendras pour lui la place de Dieu.

Nous, ce n’est pas Aaron, mais c’est le Saint-Esprit qui nous sert de bouche ! Car Jésus a dit à ses disciples : « ne vous inquiétez ni de la manière dont vous parlerez ni de ce que vous direz ; ce que vous aurez à dire vous sera donné à l’heure même ; car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous » (Matthieu 10.20).

Quel encouragement ! Entrons donc dans le grand mandat que Dieu nous a confié en comptons sur sa force, car c’est lui qui nous envoie. Le grand « Je suis » est avec nous !