Agissons ensemble pour le progrès missionnel !
En tant que serviteurs de l’Évangile, nous avons besoin de relations pour faire avancer la missio dei. C’est une vérité intemporelle. Cependant, cette vérité devient, aujourd’hui, essentielle. Et cela pour au moins 3 raisons :
- 1. L’individualisme promu par notre société provoque des divisions et affaiblit les relations profondes.
- 2. Les relations nous apportent un soutien dans les moments difficiles.
- 3. Les relations nous donnent la capacité de résister aux attaques, personnelles et spirituelles.
Dans notre monde hyper connecté, mais atomisé et frappé par le fléau de la solitude, nous avons besoin d’être soutenus et guidés par un solide faisceau de relations (Cf. Ecclésiaste 4.9-12). Cela est vrai dans chacune des saisons de nos vies : saisons de succès, d’échec, de joie, de difficultés, de solitude, etc. Ces relations nous aideront à traverser chaque période en faisant les meilleurs choix possibles. Mais pour cela, nous devons les cultiver intentionnellement, et veiller activement à nous encourager les uns les autres.
La première des relations, celle dont nous avons tous besoin, c’est la communion avec Dieu. Dès les origines, nous avons été créés à son image, pour vivre en relation avec lui (Genèse 1.27).
Dès le commencement, nous avons besoin d’une communauté : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul… » (Genèse 2.8). En tant que serviteurs de l’Évangile, nous sommes une communauté en mission, nous sommes créés êtres de relation à l’image de notre Dieu trinitaire. Dieu est lui-même une communauté avec une mission (Cf. Jean 17). Il est en lui-même une unité dans la diversité. Nous DEVONS donc ÊTRE une communauté. C’est une nécessité. Nous sommes incomplets sans cela ! Et dans la missio dei, c’est l’amour de Dieu qui nous propulse : « Nous sommes subjugués par l’amour que le Christ nous a témoigné ; il nous étreint, nous presse et nous pousse en avant », disait l’apôtre Paul (2 Corinthiens 5.14).
Là où les relations ne prospèrent pas, l’Évangile ne peut pas prospérer. Cependant, au lieu de privilégier les relations, notre société nous pousse à nous focaliser davantage sur la tâche à accomplir, le résultat à atteindre, la performance et la compétence. Mais soyons différents ! Nous qui sommes une communauté en mission, nous devons combattre l’esprit d’indépendance, l’individualisme, l’autoprotection, l’auto-promotion. Cela peut paraître plus simple, efficace, et rapide d’agir seul, mais ensemble on va plus loin. Deux valent mieux qu’un (Ecclésiaste 4.1).
Voici quelques relations bibliques que nous devrions envisager de cultiver :
1) Les « Nathan » :
Le prénom Nathan signifie : « Il a donné ». On connaît le rôle du prophète Nathan dans la vie de David. Il l’a confronté, de la part de Dieu, à son péché d’adultère. Nathan nous parle de redevabilité. C’est un éditeur, une personne à qui nous permettons d’apporter, dans l’amour, des corrections au scénario de notre vie. C’est le pouvoir du stylo rouge, le correcteur. C’est quelqu’un à qui nous accordons l’autorisation de nous reprendre, quelqu’un qui nous pose les questions de Dieu pour notre vie : les bonnes questions.
Tous ne sont pas fiables pour exercer le rôle d’un « Nathan ». Prenons garde aux personnes intéressées, à ceux qui veulent être notre ami, en vue d’obtenir quelque chose de notre part à cause de notre position de leader.
2) Les « Jonathan » :
Jonathan était l’ami de David, et il l’est resté, envers et contre tout ! Un « Jonathan », c’est un ami. Quelqu’un qui nous soutient quoi qu’il arrive. Dans le service de l’Évangile, nous devons cultiver les vraies amitiés, et identifier des gens fidèles et loyaux prêts à se donner pour nous. Nous avons besoin de « Jonathan » dans nos vies. Mais nous devons aussi apprendre à être des « Jonathan » pour les autres.
3) Les « Jethro » :
Jethro a repris Moïse : « Ce que tu fais n’est pas bien. Tu t’épuiseras toi-même, ainsi que ce peuple qui est avec toi ; car la tâche est trop lourde pour toi ; tu ne pourras pas l’exécuter toi seul. Maintenant écoute ma voix ; je vais te donner un conseil… » (Exode 18.17ss).
Jethro est un conseiller. C’est le beau-père de Moïse. Il craint Dieu, mais il n’appartient pas au peuple d’Israël : c’est un prêtre madianite. Nous aussi, nous avons besoin de quelqu’un d’extérieur à notre « tribu ». Quelqu’un qui soit capable de nous aider, à travers un regard extérieur à notre contexte de service, à prendre du recul sur nos situations.
Jethro a repris et corrigé Moïse. Puis il lui conseilla de nommer des chefs de 100 et de 1000 pour ne pas s’épuiser lui-même, ainsi que tout le peuple avec lui. Nous aussi, nous avons besoin de conseillers capables et remplis de discernement, à qui nous donnons l’autorisation de nous reprendre et de nous corriger, afin de devenir de meilleurs leaders-serviteurs.
4) Les « Paul » :
Paul fut un modèle et un mentor pour Timothée. Il vit son potentiel et le prit à son école au début de son ministère. Paul aida Timothée à entrer dans son ministère, et Timothée fut l’apprenti de Paul.
Nous aussi, nous avons besoin d’un mentor et de modèles. Si nous voulons contribuer durablement au progrès de l’Évangile, nous avons besoin de modèles auprès desquels nous pouvons apprendre, à travers le bon exemple de leur ministère. Et nous avons besoin d’un mentor, qui discerne en nous quelque chose d’unique et d’essentiel, et qui nous aide à découvrir notre véritable vocation.
Mais avant de choisir un mentor, il est nécessaire de se demander quels sont les fruits de sa vie et de sa foi. Et avant de devenir soi-même un mentor pour d’autres, nous devons d’abord être un apprenti.
5) Les « Abraham » :
Abraham partit sans savoir où il allait, sur la seule base de la Parole de Dieu. Dans notre service de l’Évangile, nous pouvons rencontrer des « Abraham ». Ces pionniers, ces visionnaires, nous encouragent par le modèle de leur foi.
6) Les « Zachée » :
Zachée était un grand pécheur. Il fut béni par Jésus lors de sa visite, et sa vie fut changée. Un Zachée, c’est quelqu’un dont l’amitié ne nous profite pas, mais à qui nous donnons, comme un acte d’amour, de mission et de service. Jésus était l’ami des pécheurs. Si nous voulons œuvrer au progrès de l’Évangile, nous aussi, nous devons aimer tous les hommes !
Les relations ne sont pas seulement utiles. Elles sont indispensables si nous voulons contribuer durablement au progrès de l’Évangile. Car à travers elles, nous recevons soutien, conseil, correction, modèles, et nous apprenons l’humilité. Nous ne sommes pas appelés tout seul dans le champ de Dieu, mais nous sommes une communauté en mission, « nous sommes ouvriers avec Dieu » (1 Corinthiens 3.9), par le Saint Esprit.
Aussi, une préparation au ministère ne peut pas durer le temps d’un incubateur de 3 ans. Nous avons tous besoin d’une préparation continue. Et dans la vie, nous allons de saison en saison, et de préparation en préparation. Nous avons donc besoin de toutes ces relations, mais dans les deux sens ! Et nous avons besoin de Dieu ! En effet, si nous ne nous plongeons pas dans la grandeur et dans la joie de Dieu, à quoi allons-nous inviter les gens ?
Pour finir, quelques mots de bénédiction de Mark Wilcott (An Uncomfortable Blessing) :
« Que l’Esprit vous bénisse à travers l’inconfort : au milieu des réponses faciles, des demi-vérités et des relations superficielles, afin qu’au plus profond de votre cœur, vous puisiez dans la Vie de Dieu.
Que l’Esprit vous bénisse à travers la colère : face à l’injustice, à l’oppression, à l’exploitation des gens et de la terre, afin que vous travailliez pour la justice, l’équité et la paix.
Que l’Esprit vous bénisse à travers le don des larmes : afin que, en les versant pour ceux qui souffrent, vous leur tendiez la main pour les réconforter.
Et que l’Esprit vous bénisse en vous donnant la folie : la folie de penser que vous pouvez faire une différence dans le monde, afin que vous fassiez les choses que d’autres disent ne pas pouvoir être faites ».
Desmond Henry