Pourquoi suis-je chrétien, et non pas adepte d’une autre religion : musulman, juif, bouddhiste, hindou… ? Quelle est l’intelligence de la foi chrétienne ? Si nous voulons témoigner avec pertinence dans un monde pluri-religieux, nous devons nous poser ces questions, et trouver des réponses. Il nous revient donc de chercher le pourquoi de ce que nous croyons et affirmons.
Un exemple : Pourquoi suivons-nous Jésus, et pas Moïse, Bouddha ou Mahomet ?
Voici une réponse en deux points, qui nous montre que Jésus est unique :
1. Jésus est unique par sa naissance, sa mort et sa résurrection
Le Bouddha historique, aussi appelé Siddhartha Gautama, était un prince, fils naturel d’un roi népalais. Des trois fondateurs des religions monothéistes, Moïse, Jésus, et Mahomet, seul Jésus est réputé être né d’une naissance surnaturelle. Et cette conception miraculeuse de Jésus par le Saint-Esprit a été confirmée 7 siècles plus tard par le Coran même, dans les Sourates 3 et 19. Mais c’est par sa mort et sa résurrection que Jésus se distingue radicalement des autres chefs religieux.
Le Bouddha expira en méditant, couché sur le côté droit, souriant. Les fidèles bouddhistes ont considéré qu’il avait atteint le nirvana, l’extinction complète et définitive du soi. Selon la tradition, il mourut à quatre-vingts ans, de mort naturelle, tout comme Moïse et Mahomet. Moïse mourut de vieillesse dans le désert à l’âge de 120 ans, et Mahomet est décédé des suites d’une maladie dans les bras d’Aïcha à l’âge de 63 ans. Mais Jésus mourut crucifié.
La mort de Jésus est si importante qu’elle est très détaillée dans les 4 évangiles. Et cette mort est considéré par beaucoup comme une défaite et un objet de scandale. Même les 12 apôtres, et Pierre en tête de liste, se sont révoltés contre cette mort qui les a pris par surprise. Et pourtant, Jésus avait annoncé que sa mort faisait partie intégrante de sa mission.
« Jésus commença dès lors à montrer à ses disciples qu’il lui fallait aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, être mis à mort et ressusciter le troisième jour. Pierre, le prit à part et se mit à lui faire des reproches en disant : A Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas. Mais Jésus se retourna et dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! Tu es pour moi un scandale, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Matthieu 16.21-23).
Pour les musulmans, le scandale de la mort de Jésus serait également une défaite. Il est inconcevable, pour eux, qu’Allah puisse faire mourir son prophète d’une mort aussi humiliante. Ainsi, ce ne serait pas Jésus (Aïssa en arabe) qui serait mort à la Croix, mais un « faux semblant », qu’Allah aurait substitué à Jésus, par une sorte de tour d’illusionniste. Le Coran condamne les chrétiens qui parlent de la mort de Jésus. Il les accuse de mensonge et de calomnie à l’égard de Jésus et affirme qu’Allah les maudit pour cela :
« à cause leur parole : “Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d’Allah”… Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais ce n’était qu’un faux semblant ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l’incertitude : ils n’en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l’ont certainement pas tué, mais Allah l’a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage. Il n’y aura personne, parmi les gens du Livre, qui n’aura pas foi en lui avant sa mort. Et au Jour de la Résurrection, il sera témoin contre eux. »
(Le Coran, Sourate 4 v 157-159 : AN-NISA, LES FEMMES)
Pour les bouddhistes, c’est la résurrection de Jésus qui est une aberration, comme elle le fut pour les grecs. Car les bouddhistes croient que le cycle des réincarnations est une malédiction dont il faut se défaire pour devenir pur esprit, ou encore pour se dissoudre dans le néant ou le Tout.
Mais les chrétiens, eux, voient dans la mort et dans la résurrection de Jésus un chemin vers une éternelle vie, le chemin vers la vie éternelle… Jésus est le premier à avoir emprunté ce chemin là, et il nous ouvre la voie vers la résurrection finale. Le Bouddha a dit : « Voici le chemin ». C’est également ce que disent les autres chefs religieux, mais sans grande assurance quant à la destination. Jésus a dit : « Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14.6), et encore : « Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père. Sinon, je vous l’aurais dit ; car je vais vous préparer une place. Donc, si je m’en vais et vous prépare une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi » (Jean 14.1-4).
Cette assurance, cette espérance d’une sûre destination au bout du chemin, d’une demeure dans la maison d’amour du Père, de l’autre côté de la mort, nous révèle le caractère unique de la foi chrétienne. Dans la mort, les souffrances et la résurrection de Jésus, nos morts et nos souffrances ne sont plus vides de sens, mais porteuses de germes d’espérance. Pour les chrétiens, la Croix de Jésus-Christ, sa mort ignoble, n’est pas une défaite, mais une victoire sur la mort, le mal et le péché, car elle est suivie de sa résurrection glorieuse le matin de Pâques. C’est grâce à cette mort ignoble de la Croix qu’un homme pécheur peut arriver à entrer en contact avec le Dieu trois fois Saint, être réconcilié, et communier avec Lui.
Beaucoup de nos contemporains aiment dirent : « Moi, je suis comme Saint Thomas, je ne crois que ce que je vois ». Répondons-leur : « Eh bien, chiche ! Soyez comme Saint Thomas ! Dites, comme il l’a dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». Voici la confession de Saint Thomas par rapport à Jésus. Eh bien, allez jusqu’au bout : confessez que Jésus est votre Seigneur et votre Dieu ! »
2. Jésus est unique car il est seul à être sans péché, car pleinement Homme et Dieu
Jésus est unique par sa naissance surnaturelle, sa mort ignoble à la Croix, et sa résurrection surnaturelle. Mais Jésus est aussi unique par sa vie : une vie sans péché. On sait peu de chose du Bouddha historique, si ce n’est q’il vécu une vie d’insouciance, éloigné de la réalité de la souffrance par ses parents, avant d’ouvrir les yeux. Mais la sourate 80 du Coran ABASA (IL S’EST RENFROGNÉ) se nomme ainsi parce qu’elle raconte comment le prophète Mahomet s’est détourné d’un homme aveugle et pauvre. Moïse, quant à lui, a péché en tuant l’égyptien (Exode 2.11-12), puis en frappant le rocher dans le désert de Tsîn – ce qui fut de sa part, un acte de rébellion envers Dieu (Nombres 20.7-13).
Mais que disent les quatre évangiles à propos de Jésus ? Tout d’abord, il fut tenté dans le désert par Satan, mais il lui résista (Matthieu 4.1-11, Luc 4.1-13). Ensuite, sa vie entière n’est que don de soi et prouve sa bonté. Dès le début et jusqu’à la fin, les évangiles ne cessent d’affirmer que Jésus n’a jamais péché. Par exemple, alors que les chefs religieux cherchent à la lapider Jésus leur demande : « Qui d’entre-vous me convaincra de péché ? » (Jean 8.46). Et Pilate, celui qui présida au procès de Jésus, et qui était gouverneur romain de la Palestine à l’époque voulut le faire relâcher, et dit de lui : « je ne trouve aucun motif de condamnation chez cet homme » (Jean 19.4). Jésus a obéi aux commandements de Dieu parfaitement. Bien plus, il a accompli la Loi, parfaitement ! C’est d’ailleurs ce qu’il affirme, dans son célèbre discours des béatitudes : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les prophètes. Je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir » (Matthieu 5.17). Lui seul pouvait le faire. Là encore, on se rend compte à quel point Jésus se distingue des autres fondateurs de religions. Il se distingue de Moïse comme de Mahomet.
Et d’après la Bible, pour sauver l’être humain de son péché, la pratique religieuse – les prières, le jeûne, l’aumône, toute la religiosité de l’homme – ne peuvent suffire. Elle ne peut pas le délivrer. Elle ne peut pas le rendre assez juste, assez saint pour se présenter devant le Vrai Saint, le Vrai Juste, à savoir Dieu lui-même. Pour sauver l’être humain de son péché, il faut donc un vrai sauveur, et pas un rafistolage spirituel ou religieux. Il faut donc un vrai sauveur ; et ce sauveur, il faut qu’il soit Dieu, car seul Dieu est sans péché ! Pleinement Dieu, pour qu’il puisse régler la facture du péché, parce que le péché est tellement grave et a tellement porté atteinte à la justice et à la sainteté de Dieu qu’il a faut régler la facture. On ne peut pas faire des courses et ensuite partir sans payer. Il faut régler la facture. Et le seul à pouvoir régler cette facture du péché de l’home, c’est Dieu lui-même. Il faut être Dieu pour répondre à l’exigence de la Sainteté et de la Justice de Dieu.
Il faut être Dieu pour répondre à l’exigence de la Sainteté et de la Justice de Dieu. Et en même temps, il faut être pleinement homme pour prendre la place de l’homme, pour représenter l’homme, pour prendre la place de l’homme à la Croix, et être jugé et puni à sa place – recevoir le salaire de son péché. Et c’est la raison pour laquelle Jésus est aussi pleinement homme. Voilà pourquoi il est exceptionnel : Pleinement Dieu pour régler la facture, pleinement homme pour prendre notre place, ma place, la place de tous ceux qui veulent croire en Lui. Et Voilà pourquoi Jésus se distingue, non seulement des autres prophètes, mais aussi de tous les autres êtres humains.
Pour conclure :
Pourquoi suis-je chrétien, et non pas adepte d’une autre religion : musulman, juif, bouddhiste, hindou… ? Pourquoi ai-je choisi de suivre Jésus, et pas Moïse, Bouddha ou Mahomet ? Comment répondriez-vous à cette question après avoir lu ceci ?
Premièrement, la foi chrétienne est unique, car elle consiste non pas à suivre un chemin, mais à suivre Le Chemin. Et suivre Jésus, c’est unique, en ce qu’il nous ouvre à une espérance qui regarde au-delà de l’ignoble mort, vers l’éternelle vie. Ce n’est pas un chemin fait de pratique religieuse ardue, car Jésus est le chemin des chrétiens, et ce maître là a vaincu la mort, le mal, et le péché.
Deuxièmement, la foi chrétienne est unique, car elle nous présente un guide sans péché, parfait mais capable de nous comprendre, car lui qui est Dieu, a pleinement participé à notre humanité. Il est pleinement Dieu pour répondre à l’exigence de la Sainteté et de la Justice de Dieu. Et en même temps, il a été – et il est – pleinement homme pour prendre notre place sur le bois de la Croix, et être jugé et puni à notre place.
Un guide unique, sans péché, qui a vaincu la mort, nous ouvre le chemin, et nous offre une espérance unique, qui regarde au-delà de la mort vers la joie éternelle dans la maison du Père. Sommes-nous encore émerveillés par se si grand Salut ?
Karim Arezki