Proclamer – À quoi doit appeler l’évangéliste ?
Avant d’apporter des éléments de réflexions, quelques écueils à éviter…
Le premier consiste à se concentrer sur les effets induits du christianisme.
Cette tentation est réelle, en particulier dans notre contexte européen. Tentation dans laquelle je suis tombé il y a quelques années. Dans un contexte où la réceptivité à l’Évangile est faible, l’évangéliste peut être tenté de se focaliser sur les bienfaits de la foi chrétienne. Le salut n’est pas une amélioration de nos conditions de vie, la libération de nos problèmes, le remède à nos soucis. Christ est venu nous sauver de nos péchés. De l’enfer. Non de nos bobos. La joie, la paix, la victoire, la joie du salut font partis du message, mais ne sont pas le salut.
Le second est de prêcher les signes, les miracles et prodiges.
L’aspect miraculeux de l’Évangile est porteur. Certains évangélistes l’ont compris. Ils en ont fait leur « fond de commerce ». L’accent mis sur le surnaturel est démesuré, disproportionné par rapport à la proclamation. Comme le souligne l’évangéliste allemand Reinhard Bonnke, l’évangéliste veillera à se concentrer sur Christ sauveur et à ne pas entretenir la confusion entre salut et guérison. Dans son message comme dans son appel.
Le dernier est d’annoncer l’Évangile de la prospérité.
Dans certains pays pauvres cet évangile créé la confusion et rencontre un vif succès. Nous croyons tous que Dieu veut nous bénir. Cette bénédiction concerne tous les aspects de notre vie. Mais la prédication de l’Évangile n’est pas la prospérité. Il est la libération de nos péchés.
Si l’évangéliste ne prêche ni les effets induits du christianisme, ni les signes et miracles ni la prospérité, que doit-il annoncer ?
Le cœur du message de l’évangéliste
Ulrich Parzany, évangéliste allemand décrit ainsi le ministère de l’évangéliste : « Il est caractérisé par sa limitation volontaire à la simple prédication de l’essentiel de l’Évangile aux non croyants.» Il pose les bases de la foi. Un exemple. Dans Actes 8, il est question de l’évangéliste Philippe. Au verset 5, il annonce le Christ. Au verset 12, la Bonne Nouvelle du Royaume et le nom de Jésus. Au verset 35, la Bonne Nouvelle de Jésus. L’évangéliste centre son message sur Jésus. Maurice Ray explique: « La prédication n’est pas seulement l’énoncé d’un fait. Elle est encore l’explication de ce fait et l’exposé de ses conséquences.»
Quels sont donc les éléments constitutifs du message ?
1. L’annonce d’une personne.
« Nous prêchons Christ et Christ crucifié. »[1] L’efficacité de l’Évangile, sa puissance sont liés à la personne du Christ. Comme disait l’évangéliste André Adoul : « Christ crucifié, Christ ressuscité, Christ glorifié, le reste c’est du blabla ! » Puisque c’est Jésus qui sauve, c’est lui qui doit être mis en avant.
2. L’annonce de la vérité au sujet de l’homme.
L’évangéliste doit dire toute la vérité au sujet de l’homme. Il ne peut faire l’impasse sur la question du péché, sur ses conséquences, sur son enracinement au plus profond de l’être.
3. L’annonce de la repentance.
Évangélistes, dans vos prédications, dites-vous à vos auditeurs qu’ils doivent se repentir devant Dieu pour que leurs péchés soient effacés ? La repentance est le premier pas pour être sauvé.
4. L’annonce d’une foi personnelle en Dieu, en Christ.
Elle est le second pas pour rentrer dans le Royaume de Dieu. L’évangéliste veillera non seulement à expliquer ce qu’est la foi mais aussi comment elle doit se traduire dans la vie de celui qui veut croire.
Si les deux derniers points ne sont pas indispensables au message, dans le contexte actuel ou certains nouveaux croyants ont du mal à devenir des disciples, il m’apparaît nécessaire d’y insister.
5. La présentation de la famille chrétienne.
L’Église ne sauve pas. Elle est cependant le moyen par lequel Dieu a choisi de faire connaître son Fils au monde. Loin d’elle, le nouveau converti se prive de grandes richesses. Et passe à côté d’une partie du plan de Dieu pour sa vie.
6. La présentation de la marche avec Dieu.
Pour ne pas donner de faux espoirs, l’évangéliste veillera à présenter de manière adaptée aux différents contextes les implications concrètes de l’Évangile.
[1] 1 Corinthiens 2.2
Pour conclure :
Impossible de tout dire dans une prédication. Et même si nous le pouvions, impossible pour notre auditoire de tout digérer ! Par conséquent, quel que soit le contexte, l’évangéliste prêchera l’essentiel : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu »[1]
[1] Luc 19.10
Emmanuel Maennlein