Quelques extraits du livre, pour alimenter la réflexion.

Vers une définition de l’évangéliste

L’évangéliste est celui qui annonce, qui prêche et répand l’Évangile, en particulier la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Quand bien même le nom euangelistês n’apparaît que trois fois dans le Nouveau Testament, le verbe euangelizomai (« évangéliser ») est présent plus fréquemment (54 fois). Ainsi, Jésus était un évangéliste, car il prêchait la Bonne Nouvelle (Luc 20 : 1). Paul exerçait le ministère d’évangéliste (Rom. 1 : 15), ainsi que Philippe le diacre (Actes 21 : 8) et Timothée le pasteur (2 Tim. 4 : 5). Les apôtres et leurs premiers convertis étaient évangélistes, car « ceux donc qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, annonçant la bonne nouvelle de la parole » (Actes 8 : 4). L’évangéliste proclame la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ et invite les hommes à placer toute leur confiance en lui. C’est un double mouvement qui va de l’intérieur vers l’extérieur (de l’Église vers ceux hors de l’Église), et de l’extérieur vers l’intérieur (des repentis vers l’Église). Ce mouvement est porté par des hommes et des femmes qui ont reçu une qualification particulière du Saint-Esprit pour amener les perdus à la repentance et au salut.

Smith résume ainsi le ministère d’évangéliste : « Un évangéliste, selon la Bible, est une personne qualifiée par Dieu pour proclamer son nom et sa puissance à ceux qui sont en dehors du peuple de Christ, afin de les amener à connaître la puissance rédemptrice de l’Évangile, à s’attacher à cet Évangile et à devenir membres à part entière du corps des rachetés[1] ».


[1] Alfredo Smith, « The evangelist and a torn world : We are called by God », in The work of an evangelist. Minneapolis (USA) : World Wide Publications, 1983, p. 152 (trad. libre).

Sommes-nous tous évangélistes ?

La corrélation entre le ministère d’évangéliste et la tâche d’évangéliser apparaît clairement dans le Nouveau Testament[1]. Dans un sens strict, l’évangélisation est donc du ressort des évangélistes.

Si tous les croyants ne sont pas évangélistes, tous sont néanmoins appelés à être témoin de leur engagement. Ainsi, Pierre exhorte les saints à « sanctifie[r] dans [leurs] cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à [se] défendre, avec douceur et respect, devant quiconque [leur] demande raison de l’espérance qui est en [eux] » (1 Pi. 3 : 15). Paul, de même, exhorte les chrétiens dans le même sens : « Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun » (Col. 4 : 6). En d’autres termes, nous pourrions dire que nous sommes tous des témoins, et que certains de ces témoins sont donnés à l’Église comme évangélistes[2].


[1] Pour une étude approfondie de l’usage du terme eugelizomai¸ se référer à l’article de Jacques Buchhold, « La Nature du ministère d’évangéliste dans le Nouveau Testament », in Dictionnaire de Théologie Pratique, op. cit., p. 384.

[2] Extrait pages 12 à 14

L’évangéliste proclamateur

Ce sont les Billy Graham, Stephen Lungu, Luis Palau, Becky Pippert, de notre temps. L’évangéliste proclamateur prêche l’Évangile. Il ne vit que pour cela. Même dans son sommeil, il prêche l’Évangile (pour avoir plusieurs fois partagé ma chambre avec Emmanuel Maennlein, je peux vous assurer que c’est vrai !).

Le proclamateur est stimulé à chaque fois qu’il met les pieds sur l’estrade. Plus il y a de monde, plus son cœur bat vite. À peine a-t-il commencé son sermon qu’il pense déjà à l’appel ! Le proclamateur prépare son message dans la solitude de son bureau, pour le communiquer à la multitude venue l’écouter. C’est aussi le paradoxe du proclamateur. Seul et tellement entouré !

Le proclamateur doit, plus que n’importe quel autre, travailler son message (cf. chap. 4). Une solide formation théologique, accompagnée d’une bonne dose d’homilétique, est vivement recommandée. Le discernement spirituel est indispensable pour bien différencier les motivations du cœur, lorsque quelqu’un demande un entretien privé à la suite d’un message. Tout cela s’apprend et s’aiguise par la pratique de l’exercice du ministère.

• Le plus du proclamateur : l’évangélisation de masse ! Le proclamateur s’adresse à un public plus ou moins large et a la joie de voir régulièrement des personnes répondre à l’appel. Ses lettres de nouvelles fourmillent de témoignages poignants. Quelle grâce de voir de ses propres yeux des personnes répondant au message de l’Évangile par dizaines, centaines, voire milliers ! Quelle grâce, et quelle responsabilité !

• Le moins du proclamateur : la solitude. Le proclamateur voyage le plus souvent seul. Fréquemment, la gestion de l’après message est plus compliquée que l’avant message. Il est seul dans sa chambre d’hôtel, la fatigue physique et émotionnelle le saisit. Il lutte avec ses pensées les plus sombres. Entre fierté et humilité, le proclamateur doit s’appliquer son propre message. Et revenir à la croix pour y déposer toute gloire qu’il se serait appropriée[1].

Pour bien accompagner ce renouvellement générationnel, et s’inscrire pleinement dans le nouvel ordre de l’évangélisation mondiale, il est fondamental de clarifier ce que nous attendons d’un évangéliste. C’est l’objet de ce livre. Pour cela, il faut d’abord répondre à la question suivante : qui qualifie ? C’est la raison d’être de ce chapitre. Car si tous sont évangélistes, comme certains le soutiennent, alors personne ne l’est véritablement. Mais si quelques-uns sont donnés comme évangélistes, alors sachons les reconnaître[2] !


[1] Extrait page 20 et 21

[2] Extrait pages 38 et 39

Les quatre angles du message de l’évangéliste

Fort de cette assurance, l’évangéliste veillera à travailler son message toujours et encore sous les angles de la théologie (le contenu), de la confrontation (la décision), de l’apologétique (la raison) et de la communication (l’adaptation).

1. Le message sous l’angle de la théologie[1]


[1] Cf. Raphaël Anzenberger, « Les nouvelles spiritualités : l’engouement contemporain pour la spiritualité », in La Revue Réformée, vol. lxii. Aix-en-Provence : Kerygma, 2011.

Ne nous y trompons pas. Le message que nous proclamons n’a rien de commun avec les religions anciennes ou les philosophies modernes. En effet, Jésus n’est pas venu nous apporter une nouvelle théologie, quand bien même il n’y a rien de plus profond que de le connaître, lui. […] L’Évangile de Christ est puissant parce qu’il est ancré dans la personne de Jésus, « en lui ». C’est pour cela que Paul écrit à Timothée : « Je n’en ai point honte, car je sais en qui j’ai cru » (2 Tim. 1 : 12). Notez « qui » et non pas « quoi ».

L’Évangile que nous proclamons prend sa source dans l’être même de Dieu[1]. Nous le voyons tour à tour dans la manière dont Christ se révèle, nous sauve, et nous transforme.

La révélation de Dieu en Christ

Jésus n’est pas venu nous raconter des choses sur Dieu. Il est Dieu, venu en personne. Celui qui a vu le Christ a vu le Père (Jean 14 : 7). Et c’est parce qu’il est Dieu (sa nature) qu’il a pu accomplir pleinement le ministère que le Père lui avait confié (Héb. 10 : 5-7). Ses paroles et ses actes découlent de sa nature. Ni un ange ni même un archange ne pouvaient accomplir l’œuvre à sa place.

Plus encore : au travers de l’incarnation, il est devenu l’un des nôtres, un fils de la race d’Adam, descendant de la lignée de David « selon la chair » (Rom. 1 : 3 ; 8 : 3 ; 2 Tim. 2 : 8), ayant pris sur lui notre condition humaine, la condition de notre existence. Le salut de Dieu en Christ

C’est au travers de la mort physique et de la résurrection corporelle de Christ que nous sommes sauvés. Ces événements forment l’essence du kérygme que nous proclamons. C’est parce que Jésus-Christ est devenu « péché pour nous », parce qu’il a pris sur lui nos transgressions, que nous sommes justifiés (2 Cor. 5 : 21). Il est devenu ce qu’il n’était pas, pour que nous devenions ce que nous n’étions pas. […]

Jésus, Dieu-homme infini, a pris sur lui un nombre infini de péchés. Sur le bois, pendu entre ciel et terre, il a été maudit par Dieu le Père pour nos péchés. Jésus s’est substitué à nous. Celui qui n’avait jamais connu le péché est devenu notre péché, afin que nous devenions sa justice.

L’œuvre de sanctification en Christ

Jésus rappelle à Nicodème que « si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu » (Jean 3 : 3). Le problème fondamental auquel est confrontée l’humanité déchue n’est pas à rechercher dans un manque de connaissance théologique comme le pense l’islam, ou dans une mauvaise éthique de vie comme l’affirme le bouddhisme.

Son problème vient de la réalité d’une mort spirituelle qui sépare à jamais l’homme de Dieu. Pour qu’il y ait renaissance spirituelle, il faut que Dieu fasse renaître le pécheur mort par son Esprit. […]

Le pécheur ainsi revenu à la vie découvre cette nouvelle réalité, cette tension eschatologique du « déjà sauvé, pas encore glorifié ». C’est seulement au sein de cette tension que le présent peut être vécu pleinement.

L’éthique n’a de sens que si les questions d’origine (« D’où venons-nous ? ») et de finalité (« Où allons-nous ? ») ont été correctement posées. Elles le sont dans l’Évangile que nous proclamons, dans la cène que nous célébrons : « Toutes les fois que vous mangez [présent] ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur [passé], jusqu’à ce qu’il revienne [futur] » (1 Cor. 11 : 26). L’homme revenu à la vie voyage dans le temps, les pieds sur terre, la tête dans les nuages, ses yeux fixés sur la Nouvelle Jérusalem à venir.

Ce message m’émerveille à chaque fois…

L’évangéliste doit être très au clair sur la théologie du message qu’il proclame. La fidélité au kérygme n’est pas une option. Sans fidélité au message, pas de graine d’incorruptibilité semée dans le coeur de l’auditeur.


[1] On parlera de la racine ontologique de l’Évangile, à la différence des autres religions qui prennent comme point de départ la connaissance (orthodoxie) ou la pratique (orthopraxie). Dans le christianisme, on part de l’ontologie pour découler sur l’orthodoxie et l’orthopraxie.

Le message sous l’angle de la confrontation

Comme le rappelle l’article 4 de la Déclaration de Lausanne, l’évangéliste proclame le Christ « en vue de persuader les hommes à venir personnellement à lui pour être réconciliés avec Dieu ». Si l’évangéliste doit veiller à proclamer fidèlement tout le kérygme, il doit aussi veiller à persuader l’auditeur en le confrontant à une décision.

L’Évangile proclamé sera reçu comme une odeur de vie ou une odeur de mort. Parfum de vie pour certains, lorsqu’ils passent de la mort à la vie par le miracle de la nouvelle naissance, parfum de mort pour d’autres : « Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent : aux uns, une odeur de mort, donnant la mort ; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie. Et qui est suffisant pour ces choses ? – Car nous ne falsifions point la parole de Dieu, comme font plusieurs ; mais c’est avec sincérité, mais c’est de la part de Dieu, que nous parlons en Christ devant Dieu. – 2 Corinthiens 2 : 15-17, LSG. »

L’évangéliste peut être tenté de « falsifier la parole de Dieu », en omettant de souligner les conséquences éternelles de la non-obéissance. La réalité est que la Parole nous place devant une alternative. Elle ne laisse pas d’autre choix. Alors, autant annoncer la couleur tout de suite.

Jésus l’évangéliste a confronté son auditoire : « Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également » (Luc 13 : 3) ; « Vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés ; car si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés » (Jn 8.23-24).

Pierre l’évangéliste a confronté : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés ! » (Actes 3 : 19).

Paul l’évangéliste a confronté. Devant le roi Agrippa, […]

Et moi, est-ce que je confronte ? Vers quelle décision est-ce que j’amène mon auditeur ? […]

Le message sous l’angle de la communication

La communication du message se travaille à deux niveaux : la forme du message et le support du message.

Adapter la forme du message

J. John, évangéliste anglais, démontre à merveille cette capacité d’adapter la forme du message en fonction du public, sans jamais rien enlever au contenu du kérygme. Par exemple, lorsqu’il prêche dans des grands rassemblements de jeunesse, devant des milliers de jeunes assis par terre sur leur sac de couchage, il présente l’Évangile sous cette forme :

L’Évangile c’est :

– un plein pardon pour ton passé,

– une nouvelle vie pour aujourd’hui, et

– une espérance pour demain.

J’aime beaucoup ! C’est mnémotechnique, fidèle à la théologie, et la confrontation coule de source.[…]

Varier le support du message

À France Évangélisation, nous explorons différents supports de communication du message. Historiquement, notre outil de prédilection est la prédication devant un auditoire. Nous maîtrisons bien ce support. […]

Un message, plusieurs supports. Cela fait aussi partie de la préparation du message de l’évangéliste. Mais attention ! la forme et le support ne font pas tout. Il faut aussi veiller à ce que le message accroche les préoccupations du public.

Le message sous l’angle de l’apologétique

Mon professeur d’homilétique insistait régulièrement sur la nécessité de lire autre chose que des livres de théologie. Surprenant pour un professeur de séminaire ! Mais pas pour un professeur d’homilétique.

L’évangéliste doit connaître le public.

La meilleure façon de le connaître, c’est de lire ce qu’il lit. Du coup, je passe régulièrement chez le libraire avant de monter dans le train. Je lis les best-sellers dans la catégorie romans, les livres qui traitent de spiritualité, des magazines de philo, etc. Cela coûte cher, mais me permet de mieux m’identifier à mon auditoire.

L’évangéliste doit toujours se demander : Quel est le point de contact entre mon message et mon auditeur ?

Personnellement, j’aime partir des préoccupations des gens en répondant à la question du moment : quand va s’arrêter la crise ? Est-ce que la fin du monde est pour bientôt ? Pourquoi certaines religions sont-elles si violentes ? Etc. Je suis quasiment certain de connecter à un niveau ou un autre. J’appelle cela l’étape cruciale de l’identification.

Dans un deuxième temps, j’argumente.

J’identifie le point de tension, je présente la perspective biblique (le kérygme) et je renverse le faux raisonnement.

Puis vient le temps de l’invitation à faire un pas décisif vers Jésus. L’auditeur est confronté au message, à lui de prendre une décision.

Identification, argumentation, invitation.[…]

Théologie, confrontation, communication et apologétique. Quatre angles du message de l’Évangile à travailler[1].


[1] Extrait pages 88 à 95

Plaidoyer pour une clarification des ministères dans l’Église

Afin de se sortir de cette impasse historique, il faut impérativement repenser l’articulation entre les charges et les fonctions (ou ministères) accordées par Christ à l’Église universelle.

Harold Hoehner nous aide à clarifier la différence entre les deux : « Ceux qui exercent une charge sont ou bien désignés (Actes 14 : 23 ; Tite 1 : 5) ou élus à partir de certaines qualifications (Actes 1 : 26 ; 6 : 3 ; 1 Tim. 3 : 1-13). Les dons spirituels sont accordés directement par Dieu dans sa souveraineté (Éph. 4 : 11 ; Rom. 12 : 6 ; 1 Cor. 12 : 11, 18, 28). Dans cette liste de dons, il n’est jamais fait mention de qualifications propres. Ceux qui reçoivent ces dons spirituels ne les reçoivent pas à cause de certaines qualifications observables, mais à cause de l’acte de grâce souverain de Dieu ».

Deuxième indication : si la charge d’anciens incombe aux hommes seuls, aucune restriction n’est mentionnée quant à ceux et celles qui reçoivent des dons spirituels (cf. Éph. 4 : 11 ; Rom. 12 : 6 ; 1 Cor. 12 : 11, 18, 28). Comme le rappelle Hoehner, « ceux qui reçoivent ces dons spirituels ne les reçoivent pas à cause de certaines qualifications observables, mais à cause de l’acte de grâce souverain de Dieu[1] ».

Les femmes peuvent-elles être évangélistes, ou docteurs en théologie ? Je le pense. L’Église n’a-t-elle pas validé les ministères d’une Jeanne Saillens ou d’une Lydia Jaeger ? La question du pastorat féminin est plus complexe. En premier lieu parce que dissocier le ministère de pasteur de celui d’enseignant (ou docteur) en Éphésiens 4 : 11 est un choix exégétique. Si disjonction il y a, force est de constater que dans certaines traditions d’Église, la charge d’ancien et la fonction de pasteur est identique. En sus des qualifications scripturaires d’anciennat, l’Église recherche le don spirituel qui qualifie la personne au poste de responsabilité pastoral. Par conséquent, la restriction du pastorat aux hommes seuls peut se comprendre. Mais faut-il imposer la même construction exégétique pour l’évangéliste ?

Invoquer que l’évangéliste doit recouvrir toutes les qualifications d’ancien et, par conséquence, disqualifier les femmes de ce ministère me semble à la fois hasardeux et déplacé. Qui plus est, la question de la reconnaissance des femmes au ministère ne se pose pas de la même manière d’une culture à une autre. Au Burkina Faso par exemple, les femmes exercent leur ministère d’évangéliste dans les Assemblées de Dieu avec la pleine reconnaissance des Églises locales, alors qu’en France, le ministère d’évangéliste n’est pas reconnu dans cette tradition-là !

Le missiologue Ronald Flung poursuit l’analyse : « La charge est ici pensée comme une position reconnue et formelle dans l’Église, avec un cahier des charges bien établi. Les fonctions sont des reconnaissances ministérielles qui ne font pas l’objet d’une position formelle dans l’Église[2] ».

Troisième indication : l’évangéliste n’est pas sur l’organigramme de l’Église locale au même titre que l’ancien et le diacre. L’évangéliste est reconnu pour son ministère (cf. chap. 2 pour les qualifications). Les anciens et les diacres sont élus pour leurs qualités avec un cahier des charges local bien précis. L’organigramme de l’Église doit donc bien différencier ces deux types de ministères[3].

Dernière indication : si la charge d’ancien est en continuité avec l’Ancien Testament (il y a toujours eu des « anciens » dans la tradition communautaire juive), les fonctions n’apparaissent que dans le Nouveau Testament après la Pentecôte.


[1] Harold Hoehner, « Can a woman be a pastor-teacher ? », Journal of the evangelical theological society, décembre 2007, 50/4, p. 761-71, citation p. 764 (trad. libre).

[2] Ronald Flung, « Function or office ? À survey of the New Testament evidence », Evangelical review of theology, avril 1984, n° 8, p. 16-39, citation p. 16 (trad. libre).

[3] Attention ! Différenciation ne veut pas forcément dire cristallisation des charges et ministères. En effet, une personne peut très bien débuter par une charge de diacre, avant d’évoluer dans une autre fonction. Préservons une certaine fluidité dans la mise en place de cette différenciation.

Raphaël Anzenberger