La question est bonne. Pourquoi ? Parce que dans le Nouveau Testament ne figure pas la prière de repentance qui devrait être prononcée par ceux qui sont touchés par l’Évangile. Alors pourquoi faire ou demander de faire une telle prière s’il n’y a aucun exemple ? Jésus a enseigné le Notre Père, donné des enseignements sur la prière.[1] Mais pas de modèle de prière de repentance. Par contre, il y a des appels à la repentance,[2] qui ne peut se produire que si l’Esprit nous convainc de péché[3]. L’appel sert à confronter les personnes, à les placer devant un choix : accepter le salut ou le rejeter. Nous savons qu’une authentique conviction de péché ne peut être produite que par l’Esprit. Mais nous savons qu’il y a toujours le danger pour l’évangéliste, de faire pression pour que justement une personne prononce une prière de repentance sans qu’elle soit pleinement convaincue de péché. Cette conviction implique d’ailleurs de comprendre que nous sommes séparés de Dieu et donc perdus. Nous avons un bel exemple avec le centenier romain « Que dois-je faire pour être sauvé ?[4] ». Il est bon de se rappeler que la prière n’a rien de magique, elle n’a pas de pouvoir en elle-même.

Une prière de repentance ne peut être que le fruit de l’œuvre d’Esprit en nous qui va toucher ce que je vais appeler notre « trinité intérieure »

1) L’intelligence qui comprend le message de la croix et l’état de perdition.

2) La mémoire qui rappelle notre vie de péché.

3) La volonté qui elle est appelée à plier devant le Dieu très Saint.

La prière de repentance doit être l’expression verbale de notre regard intérieur qui voit notre misère spirituelle et notre besoin d’être sauvé et qui en appelle au Dieu sauveur.

Ceci étant dit la question reste, pour ou contre ? Bien qu’il n’y ait pas de modèle biblique, je pense qu’elle a son utilité et je donnerai trois raisons de la pratiquer :

1) Elle est une aide pour la personne qui s’adresse au Seigneur dans une prière sincère pour la première fois. Au moment où le cœur est touché par l’Esprit de Dieu, convaincu de péché, il peut être difficile de trouver les mots pour s’exprimer.

2) Elle peut aider une personne à prendre conscience qu’elle va recevoir le pardon des péchés, la vie éternelle, et qu’elle doit s’engager à marcher à la suite de Jésus en obéissant à sa Parole et dans le cadre d’une Église.

3) Elle offre aussi l’occasion de confesser des péchés « lourds » devant témoins et dans certains cas d’être libéré de leurs conséquences, de bénéficier de la prière d’autres frères ou sœurs qui sont témoins de la confession.

Attention au danger de faire pression. C’est peut-être le plus grand pour l’évangéliste. Une mauvaise annonce de l’Évangile peut aussi amener des prières de repentance sans conviction de péché. Par exemple en annonçant l’Evangile de la prospérité. (cf. page 4)

Il peut y avoir de la part de celui qui entend la Parole, une repentance sentimentale, parce qu’il n’aura pas compris pleinement le message, mais aura été touché dans ses émotions. La parabole du semeur souligne que celui qui porte du fruit « est celui qui entend la parole et la comprend[5] ».

Une question demeure : comment reconnaître une authentique prière de repentance, preuve que la personne a vraiment compris le message, qu’elle s’est réellement convertie et va marcher dans la sanctification ? Faut-il que la personne pleure ? Qu’elle formule sa prière d’une certaine manière ? Seul le temps le dira et permettra de voir des fruits, des changements de comportement, de mentalité chez la personne qui montrera son désir d’un engagement dans l’Église, qui laissera paraître de plus en plus le caractère de Christ. Si Jésus et les apôtres ne nous ont pas donné de modèle de prière de repentance, nous en trouvons dans l’Ancien Testament. Le roi David a prononcé une des plus belles qui soit dans « l’affaire Bath-Shéba ».

« Lave-moi complètement de ma faute et purifie-moi de mon péché, car je reconnais mes transgressions et mon péché est constamment devant moi… Ô Dieu crée en moi un cœur pur renouvelle en moi un esprit bien disposé[6] ».


[1] Exemple : Matthieu 6 : 5-8 et 21 : 18-22

[2] Exemple : Marc 2 : 15

[3] Actes 2 : 38

[4] Actes 16 : 30.

[5] Matthieu 13 : 1 à 23

[6] Psaume 51

JP M