Notre témoignage collectif, incarnons ensemble l’épouse du Christ qui vient

Dans un monde atomisé où l’individualisme est roi, et ou la solitude est un fléau… Dans un monde marqué par un nombre croissant de familles déstructurées de toutes classes sociales, le témoignage d’unité de l’église est nécessaire. « L’Eglise du 21ème siècle sera relationnelle ou elle ne sera pas » (Chris Short). Et pourquoi cela ? Pour au moins trois raisons !

Plaidoyer pour une église relationnelle, en trois points.

L’église du 21ème siècle sera relationnelle ou ne sera point…

1. … parce que nous sommes passés de l’ère du « je crois » à l’ère du « j’appartiens »

Au lendemain des deux guerres mondiales, il y a avait de quoi désespérer du genre humain ! Les gens avaient alors, plus que jamais, besoin de croire en quelque chose de nouveau. Après toute cette désespérance de ces deux guerres mondiales, les gens avaient besoin de croire à un message qui sauve. Mais nous avons changé d’ère. Nous sommes passé de l’ère du « je crois » à l’ère du « j’appartiens ». Non pas que les gens n’aient plus besoin d’espérance… mais aujourd’hui, les gens sont déçus des grandes idéologies et des beaux discours. On ne cherche plus LA Vérité, mais chacun cherche sa vérité : c’est ce qu’on appelle le relativisme existentiel. Je crois en quelque chose parce que çà marche dans ma vie, çà fonctionne pour m’aider à me sentir bien.

Sauf que… cette recherche de bien-être individuelle, cette quête d’épanouissement et de développement personnel, aboutit à un monde atomisé. Et les gens sont seuls. Aujourd’hui, dans cette post-modernité qui est devenue une post-chrétienté, « les gens ont besoin d’évaluer l’authenticité d’une communauté avant de croire à son message » (Stuart Murray). Parce que les gens ont vraiment ce besoin d’appartenir, ils sont prêts à goûter, à travers nous, combien Jésus est bon. Ce sont les termes mêmes de l’apôtre Pierre : ce qui ouvre notre appétit pour la parole de vérité, c’est d’avoir « goûté que le Seigneur est bon » (1 Pierre 2.3). Il y a là une dimension qui fait appel aux sens, qui est liée à l’expérience. Et connaître Dieu, c’est faire l’expérience de sa bonté. Et quelque part, quand on parle de Dieu, on veut avoir une apologétique de l’expérience, et dire ce n’est pas seulement quelque chose qui est vrai, mais aussi quelque chose qui est bon. Nous devons donc réfléchir à présenter Christ, non pas seulement comme la Vérité parmi tant d’autre vérités, comme la Sainteté au milieu de la corruption, mais aussi comme : Christ, c’est bon ! Et dans notre société pluraliste, où on ne croit plus qu’il y a une seule vérité mais qu’il y a un marché, une mise en concurrence des vérités, peut-être que la stratégie apologétique à adopter est la suivante : Ne pas simplement dire « c’est la seule » vérité et rentrer dans ce débat là, mais dire « Goûte combien c’est bon » !

Et ce fait de goûter et d’inviter à goûter, finalement, on le trouve au sein de la communauté : c’est communautaire, c’est un banquet, comme lors des noces de l’Agneau ! Et l’église, c’est le lieu où il faut inviter les gens à faire l’expérience de la communauté, et du culte où la parole est prêchée. Que voient les gens quand ils viennent assister à nos rassemblements ? Voient-ils la Parole agir et transformer la vie des personnes ? Voient-ils l’église rendre l’Evangile tangible ?

Si on est vraiment le corps de Christ sur terre, alors les gens peuvent littéralement – à travers nous – toucher le corps du Christ, l’écouter, le voir vivre et voir Christ qui manifeste sa présence ici-bas par l’église. Et donc finalement, l’église à ce rôle là : manifester matériellement la transcendance, manifester que oui, « L’Evangile transforme réellement des vies ! Et tu en as la preuve ; et viens, je te présente cette personne : elle va te raconter son histoire » !

L’église du 21ème siècle sera relationnelle ou ne sera point…

2. … parce que notre monde individualiste et frappé par le fléau de la solitude en a besoin

Nous vivons dans un monde de réseaux, un monde hyper-connecté, mais troublé… Un monde marqué par un nombre grandissant de familles déstructurées, quelles que soient leur classe sociale. Et à l’heure où nous passons énormément de temps sur les réseaux sociaux et devant les écrans, environ 5 heures par jour pour un français moyen, les gens sont seuls et multi-branchés. Et le français a plus que jamais soif de relationnel. Ainsi, lorsque l’église se réunit en manifestant l’unité dans sa diversité – intergénérationnelle et interculturelle –, elle rayonne. Elle a donc aujourd’hui, plus que jamais, l’occasion de rendre un témoignage puissant. Francis Schaeffer appelle cela l’apologétique finale. Il dit : « La meilleure défense de la foi n’est pas une argumentation bien ficelée, mais une vie communautaire de qualité ». Et lorsque les gens voient les chrétiens vivre leur foi ensemble, c’est çà qui les frappe, c’est çà qui les marque. Nos contemporains sont touchés par les relations vraies.

« L’Eglise du 21ème siècle sera relationnelle ou elle ne sera pas », nous dit Chris Short. D’où l’importance des groupes de maison et d’étude biblique… D’où l’importance de tous ces endroits où les gens se retrouvent en groupes de croissance et de partage, de tous ces petits groupes où on grandit ensemble dans la connaissance, dans la redevabilité, et dans la transparence. Il faut vraiment insister là-dessus aujourd’hui. « Nous avons besoin de la communion fraternelle avec des frères de toute condition, âge, niveau intellectuel et social. Et seule une église locale peut nous offrir ce cadre dans la liberté et le respect mutuel » écrit Alfred Kuen. Chris Short, dans son livre « l’église locale », écrit : « L’église locale est un lieu où les chrétiens apprennent à vivre ensemble. Si cette réalité a toujours fait partie de la pensée divine, la triste évolution de notre société la rend d’autant plus incontournable pour les églises qui veulent grandir ».

L’église du 21ème siècle sera relationnelle ou ne sera point…

3. … parce que sans maison spirituelle, il n’y a pas d’offrande spirituelle possible

« L’important, c’est notre relation avec Dieu ! C’est moi et ma Bible ! C’est ce que je ressens ! C’est mes amis ! ». Avez-vous déjà entendu ce genre de paroles ? Il s’agit là des chrétiens Robinson, évoqués par Alfred Kuen dans son livre Pourquoi l’Eglise, il y a quelques années. Il dit dans ce livre : « Ce qui frappe dans le christianisme actuel, c’est son caractère volontairement individualiste ».

Mais Jésus, lui, s’est constitué une équipe de disciples, qu’il a appelé église (Matthieu 16.18). Et tout au long de son ministère, c’était bien cet esprit de groupe qui prédominait, et qui montrait l’impact de l’Evangile à travers la vie des disciples et apôtres. Et lorsque nous lisons les Actes des apôtres et les épîtres, nous voyons que bien que c’est ainsi que l’Evangile progressait.

L’église. A quel point est-elle importante ? L’église locale, c’est le corps dans lequel nous vivons. Elle est vitale ! Avez-vous déjà vu une main coupée ? Non seulement c’est glauque, mais c’est un membre sans vie ! On ne peut prétendre appartenir à Christ sans être intégré à une expression locale de son corps, l’église. Pour le témoignage de l’Evangile, l’appartenance à une église n’est dont pas juste importante, elle est incontournable, essentielle ! On ne peut pas s’en passer. On ne peut pas juste dire : « Moi et ma Bible, et avec la puissance du Saint Esprit, je vais témoigner de l’Evangile. »

En fait, nous devons former une maison spirituelle pour offrir des sacrifices spirituels. Notre offrande spirituelle sans la maison spirituelle – c’est-à-dire l’église – n’est pas complète. C’est très important dans cette épître de Pierre et dans les épîtres du Nouveau Testament en général, cette idée du « nous », le fait que « nous » sommes témoins en tant que corps du Christ. L’évangélisation trouve donc sa plénitude au travers de l’église. On l’a lu en 1 Pierre 2.9, c’est « le peuple choisi » et « la nation sainte » qui célèbre les louanges de Dieu, les hauts faits de Dieu.

On est souvent prêts à louer Dieu pour son église universelle, pour le corps de Christ dans le monde, pour la diversité de ce corps, pour ce que Dieu fait dans le monde entier… Et on parle beaucoup de l’Eglise avec un grand E, mais dans le même temps, on peut avoir tant de sujets de critiques concernant l’église locale ! L’église locale, c’est un autre enjeu ! C’est un autre défi, parce qu’on la vit au quotidien, parce qu’on fréquente les mêmes gens régulièrement, on les voit de nouveau. On a vite appris à savoir qui sont les gens avec qui on n’a pas d’atomes crochus, les personnes avec qui on n’a pas de feeling, avec qui on s’entend moins, et même qui finissent par nous irriter. Mais si nous faisons tous nos efforts pour nous aimer et nous faire mutuellement bon accueil, notre témoignage sera puissant, et à ce prix seulement, il sera agréé par le Seigneur de l’Eglise, Christ lui-même.

Pour conclure :

L’église du 21ème siècle sera relationnelle ou ne sera point… Parce que nous avons changé d’époque, et qu’à notre époque, le besoin d’appartenir est devenu central ; parce que l’individualisme nous enferme dans un cercle vicieux de solitude et d’isolement dont nous avons besoin de sortir ; et surtout, parce que sans maison spirituelle, l’offrande de notre vie ne vaut rien !

Posons-nous donc ces quelques questions :

  • Comment notre communauté peut-elle impacter le monde, de façon intentionnelle, par son témoignage, à travers son aspect de corps uni dans une foi agissante par l’amour ?
  • Quelle est la place de la communauté locale dans mon témoignage individuel ?

Ne l’oublions pas ! Le Seigneur nous l’a dit :

« Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jean 13.34-35).

Olivier Pfinstag