Dans un précédent article, nous avions découvert l’approche de Jésus, en 3 étapes, pour aller chercher la personne qui se cache derrière la question posée. Dans cet article, nous vous proposons une séance de travaux pratiques :

Imaginez, un témoin de Jéhowah ou un catholique pieux qui pense que ses œuvres vont le sauver. Ou encore, imaginez un musulman qui pratique les 5 piliers de l’Islam. Il prie 5 fois par jour, pratique l’aumône et le jeûne, et il croit sincèrement pouvoir mériter le pardon de son Seigneur, parce que c’est écrit dans le Coran. Il vous interpelle et vous dit : « Comment peux-tu croire qu’un Dieu juste peut pardonner gratuitement à ceux qui ont fait le mal ? S’il fait cela, les gens vont en profiter pour faire n’importe quoi ! Moi, je crois que l’homme doit mériter le pardon d’Allah ! ». Un jour, Jésus a rencontré un religieux juif qui lui a posé une question semblable : « Bon maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » (Luc 18.18). A partir de l’exemple Jésus, voici la réponse de l’Evangile à ceux qui sont façonnés par un esprit religieux.

1. Quelle est la personne qui me pose cette question ?

Selon l’arrière plan religieux de la personne, l’approche sera un peu différente. Mais le moteur restera le même, et ce moteur, c’est l’amour. Jésus sait que derrière chaque question qui tue, il n’y a pas qu’un assassin, mais il y a une personne qui a besoin de LE rencontrer. Et Marc l’évangéliste nous apprend quelle était le cœur de Jésus pour le jeune-homme riche : « Jésus, l’ayant regardé, l’aima » (Marc 10.21). Et Jésus, qui aime cet homme, va chercher à tester son attachement à lui, son amour pour lui. Jésus sait que ce riche a de grands biens, et que ses biens sont sans doute mérités. Cet homme est un honnête travailleur, quelqu’un qui a réussi. L’évangéliste Luc nous rapporte que c’est un chef (Luc 18.18) : probablement un chef religieux, le chef d’une synagogue. C’est un homme qui a gardé les commandements de la loi dès sa jeunesse (Luc 18.20). Mais peut-on mériter l’amour de Dieu ?

En tant que juif pieux responsable d’une synagogue, c’est tout à fait possible que cet homme ait eu de bons scores sur la deuxième tablette de la Loi de Moïse, celle qui concerne l’amour du prochain. Mais la première tablette de la Loi de Moïse – les 6 premiers commandements – nous parle d’aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée, de toute notre force. Et si nous aimons quelqu’un à ce degré là, alors nous le suivrons partout où il nous invitera à le suivre. Et c’est là que Jésus le teste. Comme à Pierre, il dit à ce chef religieux : « m’aimes-tu ? ».

2. Quelle question pourrait-on poser en retour ?

Comment répondre à une question sur le mérite et la vie éternelle ? Comment répondre de façon aller chercher cette personne dans sa question ? Voilà la question de Jésus : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon si ce n’est Dieu seul ! » (Luc 18.19).

Il faut réaliser à cet endroit ce qui est en train de se passer. Vous avez ici un homme qui est religieux et pieux, et qui a ses certitudes. Pour lui, quelqu’un de bon va au Ciel. C’est pour çà qu’il pose la question : « Bon maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? ». Et il pose la question à Jésus, parce qu’il voit en Jésus quelqu’un de bon, un peu comme lui. Et pour se rassurer, il lui pose la question. Tous ceux qui font de bonnes choses, comme le dit la musique : « on ira tous au paradis » ! Il suffit d’être bon ! Et Jésus lui pose la question : « Qui est bon ? Pourquoi m’appelles-tu bon ? Il n’y a de bon que Dieu seul ». Et à cet endroit, à ce moment là précis, tout s’effondre. Cet homme vient voir Jésus, et il est convaincu d’une chose : « lorsque tu es bon, tu vas au Ciel ». Et Jésus lui dit : « Il n’y a que Dieu qui est bon ». Donc si Bon = Ciel, et qu’il n’y a que Dieu qui est bon ; alors il n’y a que Dieu qui ira au Ciel ! Et comme toi tu n’es pas Dieu, alors toi tu n’iras pas au Ciel.

Faire pour obtenir la vie éternelle… voilà l’erreur du religieux. Mais Jésus ne s’arrête pas là ! Il invite le jeune-homme à le suivre. Nous devons faire de même.

3. Comment inviter la personne à faire un pas de plus en direction de Jésus ?

Avec une personne religieuse, qu’elle soit catholique, témoin de Jéhovah ou musulmane, notre objectif ne change pas ! Nous devons inviter la personne à suivre Jésus, et à renoncer à tout ce qui l’empêche de le faire. Et la première des choses auxquelles un religieux doit renoncer, c’est son esprit méritocrate, c’est son système de vie et de pensée basée sur le mérite. Et le mérite s’oppose à l’amour. Si j’ai rencontré l’amour du Christ, je ne fais plus le bien pour les mêmes raisons. Si je fais le bien, ce n’est plus pour expier ma faute, mériter le pardon de mon Dieu, gagner son approbation par mes œuvres méritoires, et obtenir ainsi la vie éternelle. Mais si je fais le bien, c’est par amour pour Dieu, c’est parce que l’amour de Jésus m’a trouvé, m’a saisi, et m’a rempli.

Aussi, Jésus dit au chef qui l’a interrogé : « Viens et suis moi ! Renonce à tout ce qui fait ton identité, à tout ce que tu aimes plus que Dieu ! Oui, tu aimes ton prochain ; mais tu as placé aussi dans ta vie des biens matériels, qui finalement, sont devenus une forme d’idolâtrie, parce qu’ils t’empêche de m’aimer, et de te laisser saisir par mon amour ». « Nul ne peut servir deux maîtres ; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon », a aussi dit Jésus (Matthieu 6.24). Et donc Jésus invite l’homme riche à aller plus loin, à se débarrasser de tout cela et à le suivre. « Tes biens que tu as mérités, et ta position respectable, elles ne te seront d’aucune aide, et elles alourdiront ta marche. Elles t’empêcheront même de marcher à ma suite ! ».

Pour conclure :

A l’exemple de Jésus, nous aussi, sommes appelés à inviter les gens religieux à renoncer à leur esprit méritocrate et à leurs systèmes religieux pour aimer Dieu de la bonne manière. Mais pour aimer Jésus plus que tout autre chose et le suivre, il faut d’abord se laisser aimer par lui. Notre responsabilité envers les personnes religieuses est donc de leur démontrer ce regard d’amour de Jésus sur leur vie. « Jésus, l’ayant regardé, l’aima » (Marc 10.21). Nous aussi, regardons les gens religieux avec ce regard d’amour de Jésus, et que cet amour les rencontre et les touche !

Et souvenons-nous de ceci, afin de ne pas nous décourager. S’il est difficile à un religieux d’entrer dans le Royaume de Dieu, « ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu » (Luc 18.27). Oui ! Dieu sauve, même les religieux !

Raphaël Anzenberger