L’évangélisation s’inscrit dans le grand mandat confié par Christ à l’ensemble de ses disciples qui est son Église : « Allez et faites de toutes les nations des disciples » [1]. Et c’est à la communauté de ses disciples, qui s’approchent de lui pour l’écouter [2], que Jésus dit :

« C’est vous qui êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade avec quoi le salera-t-on ? Il n’est plus bon qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes. C’est vous qui êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière brille ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos œuvres bonnes, et glorifient votre Père qui est dans les cieux. » [3]

Le chapitre 5 de l’évangile selon Matthieu fait ressortir deux vérités-clés pour équiper tous les chrétiens en vue du témoignage, et les orienter vers une vie qui suscite le questionnement :

1. Le témoignage de l’Église découle de notre intimité avec Dieu.

Deux remarques :

1. Jésus ne dit pas, « devenez le sel de la terre… et la lumière du monde », mais « vous êtes » !

C’est l’appel du Christ qui fait de nous des fils et des témoins. Par l’Esprit, nous devenons à la fois ses enfants : les « fils de notre Père qui est dans les cieux » (v16, 45), et ses témoins.

2. Le témoignage ne consiste pas en un « faire pour Dieu », mais dans un « être en Lui ».

Jésus nous présente le témoignage comme ce qui émane naturellement du disciple, à la manière :

– du sel qui a en lui-même de la saveur et un pouvoir conservateur, et

– de la flamme de la lampe qui ne peut s’empêcher de briller.

La responsabilité du témoin n’est donc pas d’ajouter une nouvelle case à cocher dans la liste des activités inscrites à son agenda de bon chrétien. Elle réside, au contraire, dans une disposition intérieure de docilité à l’Esprit Saint. Cette docilité intérieure, c’est la douceur dont parle Jésus dans les béatitudes (v.5), car celui qui est doux – du mot grec praüs – c’est celui qui est docile à l’Esprit-Saint et se laisse façonner par Lui, afin de mener une vie pleine de saveur : intègre (v.6), pleine de bonté et de miséricorde (v.7), une vie qui procure la paix (v.9). L’« être en Dieu », s’il est pleinement vécu, aboutit donc nécessairement sur un « être pour le monde ». Sinon, le sel se gâte en perdant sa saveur, et la flamme de la lampe s’étouffe par manque d’oxygène.

C’est donc la qualité intrinsèque de la vie du royaume – joie, paix, amour, intégrité, bonté – par le Saint-Esprit, qui fait de la communauté des disciples un témoignage vivant.

2. Le témoignage doit imprégner tous les aspects de notre vie

Si le témoignage rayonne naturellement de notre être en Dieu, il implique également une transformation radicale de notre style de vie, afin que nous puissions incarner notre message. Être un témoin, c’est donc développer un style de vie qui suscite le questionnement, ainsi qu’une aptitude à répondre à ces questions qui nous seront alors posées.

Un témoin qui veut « être toujours prêt à défendre l’espérance qui est en lui » (1 Pierre 3.5), doit donc apprendre à bâtir des ponts entre la culture de ceux qui l’entourent, les questions de leur quotidien, et le message d’espérance qui l’habite. L’objectif étant toujours – non de gagner un débat contradictoire – mais d’aller chercher ceux qui nous questionnent sur notre foi, pour les amener à faire un pas de plus vers Jésus, et vers la vie abondante qui coule de lui.

Aujourd’hui, de nombreuses personnes voient la foi chrétienne comme une tradition obsolète et déconnectée de la réalité. Afin d’être pertinents, en paroles et en actes, nous avons besoin de réaliser dans quel terrain nous sommes semés. Nous vivons dans un monde sécularisé, où l’incroyance est devenue la croyance par défaut. Et nous vivons à l’âge séculier, où les gens pensent : « je peux être heureux sans Dieu et Dieu, finalement, n’a pas grand-chose à voir avec mon bonheur ».

Pour être des témoins, nous devons réaliser que c’est dans toutes les sphères de notre vie que nous sommes appelés à faire briller la lumière de Christ et à apporter de la saveur. Mais comment ?

Dans un monde du travail corrompu et marqué par le mensonge et l’exploitation d’autrui, nous apportons la saveur de l’intégrité et de la miséricorde. Dans nos relations avec les autorités et la société civile, nous brillons par un engagement fidèle à rechercher la paix et à pratiquer le bien, à cause du Seigneur. Auprès des personnes ébranlées par la vie, nous brillons par notre simple présence, par une capacité à rejoindre les autres dans leur souffrance, comme le Christ nous y a rejoint, lui qui a achevé sa course par l’abandon, le rejet, et la mort sur la Croix.

Conclusion

Deux clés pour équiper tous les témoins :

1. Prendre conscience que notre témoignage individuel et communautaire, découle naturellement de notre « être en Christ », et de notre communion avec le Père, par le Saint-Esprit.

2. Apprendre à exprimer cet « être en Christ » dans un « être pour le monde », afin que la vie du Christ rayonne dans toutes les sphères de notre vie.

Aujourd’hui, une formation en 8 modules vient répondre à cet objectif : « équiper le chrétien à être un témoin du lundi au dimanche ». Elle s’appuie sur la première lettre de l’apôtre Pierre, tellement actuelle ! Nous vous recommandons chaudement de la découvrir. Que le Seigneur vous équipe, vous et vos Églises, afin d’apporter autour de vous la saveur et la lumière de Christ !

Aurélien Bloch


[1] Matthieu 28.19-20

[2] Matthieu 5.1

[3] Matthieu 5.13-16