Je partage ma vie entre l’entreprenariat et le ministère. La pandémie est venue ébranler cet équilibre.
En tant que chef d’entreprise, l’épisode de la Covid m’a fait perdre plus de 100 000€ et m’a mené à la faillite. Ça m’a valu des périodes bien sombres de stress, d’angoisses et d’idées noires.
En tant qu’implanteur d’Église, je me suis retrouvé coincé en France pendant des mois, sans autorisation de passer la douane suisse pour y rejoindre mon assemblée, même pour un enterrement ou un mariage. J’ai dû vivre de loin le deuil, les joies, les groupes qui se réunissaient sans moi.
Mais c’était une période de mise à part. Dans certains moments de la vie, Dieu nous demande de gagner des victoires qui ne se traduisent pas en nombre de mains levées… Il nous demande de livrer bataille pour notre cœur, nos pensées et notre endurance spirituelle.
Pendant 20 mois de galères, Dieu m’a fait repasser sur les bancs de l’école. Son école.
« Quand tout va mal, réfléchis » (Ecclésiaste 7.14)
Dans les moments de crise, nous prions beaucoup pour que Dieu règle nos problèmes, qu’il nous donne des solutions tangibles. On prie beaucoup dans l’émotion. Mais Dieu nous demande de réfléchir. Il n’est pas insensible à nos souffrances, mais nous pousse à prendre du recul, à regarder avec ses yeux, à adopter un point de vue différent des apparences.
Dans ma situation, la réponse de Dieu a été claire : « Si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste solitaire… et ne porte pas de fruit » (Jean 12.24).
Les pertes financières étaient immenses. La déception était grande pour beaucoup de monde. Mais la paix était dans mon cœur pendant tout le processus final.
Dans cette épreuve, je me suis rendu compte du nombre de personnes qui m’observaient. Je n’ai jamais eu autant de possibilités de témoigner et d’encourager. Une chose que je retiens de cette période, c’est de savoir demander à Dieu comment mes épreuves peuvent servir à bénir d’autres au moment où je les vis.
Jérémie Gachon