Quel regard sur l’épreuve ?
C’est une question théologique. Pour certains l’épreuve et la souffrance sont intolérables. L’émotion l’emporte. Leur théologie prétend que Dieu guérit toujours. L’Écriture révèle autre chose. « Mon Père est le vigneron. […] tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit » (Jean 15.1-2). « Mes bien-aimés, ne soyez pas surpris de la fournaise qui sévit parmi vous pour vous éprouver, comme s’il vous arrivait quelque chose d’étrange. » (1 Pierre 4.12).
Elisabeth Elliot souligne que la souffrance est indispensable pour nous rendre semblables à Christ. « Notre vision est si limitée que nous pouvons difficilement imaginer un amour qui ne se manifeste pas par la protection contre la souffrance. L’amour de Dieu n’a pas protégé son propre Fils. Il ne nous protégera pas nécessairement, pas de ce qu’il faut pour nous rendre semblables à son Fils. Il faudra beaucoup de martelage, de ciselage et de purification par le feu dans ce processus. ».
Quand quelqu’un est éprouvé nous devons prier que Dieu le soutienne, lui apporte secours. Sans oublier de réclamer la grâce qui fait grandir et mûrir dans l’épreuve. Je dis toujours : « Je ne voudrais pas repasser par ces vingt ans d’épreuve [1], mais je ne voudrais pas ne pas y être passer. Les leçons les plus profondes de ma vie spirituelle ont été apprises dans l’épreuve. »
[1] La première épouse d’Alain était atteinte de sclérose en plaques durant 20 ans. 10 ans soignée à la maison 10 ans hospitalisée.
Vous êtes intercesseur ?
Votre ministère est d’une importance primordiale. Sous-estimé en général. L’apôtre Paul réclame à plusieurs reprises que l’on prie pour lui :
- Priez afin que je sois protégé des incrédules (Romains 15.31),
- Priez pour moi afin que, lorsque j’ouvre la bouche, la parole me soit donnée pour faire connaître avec assurance le mystère de l’Évangile (Ephésiens 6.19),
- C’est pour lui que je suis ambassadeur dans les chaînes. Priez que j’en parle avec assurance comme je dois le faire (Ephésiens 6.20),
- Priez en même temps pour nous : que Dieu nous ouvre une porte (Colossiens 4.3),
- Maintenant donc, frères et sœurs, priez pour nous afin que la parole du Seigneur se propage… (2 Thessaloniciens 3.1),
- Frères et sœurs, priez pour nous (1 Thessaloniciens 5.25).
Il est essentiel que les intercesseurs restent mobilisés lorsqu’un serviteur de Dieu passe par l’épreuve. Qu’elle le touche lui ou sa famille. Le principe devrait être le suivant : « Baignez-le dans la prière. La prière ne doit pas être le dernier recours ; elle doit être la première option » (Michael Catt).
Oui il est essentiel pour celui ou celle qui passe par l’épreuve. Qu’il ne se décourage pas, que sa foi de faiblisse pas, qu’il conserve l’espérance, qu’il ne se lasse pas. Malheureusement, nous avons tous du mal à persévérer reconnaissons le !
Comprenez que celui ou celle qui traverse l’épreuve rencontre une difficulté supplémentaire. Quelles informations donner alors que les choses ne s’améliorent pas : cancer, dépression, handicap et même stérilité ? Quand il est quasi impossible d’exercer son ministère ? Au début de la maladie de mon épouse je partageais chaque amélioration ou chaque détérioration de son état. Jusqu’à ce que le Seigneur me fasse comprendre : « On ne s’inquiète pas chaque fois que le soleil décline. On ne reprend pas espoir quand il se lève… C’est l’ordre créationnel. Il en va de même pour la maladie, elle suit son cours ! ». Merci à vous tous qui priez pour les évangélistes de FE, qui traversent l’épreuve, même sans beaucoup de nouvelles. Vous êtes leur base ! Merci d’accepter d’être des « intercesseurs au long cours » quand cela devient difficile !
Vous êtes donateur ?
Vous êtes peut-être les deux d’ailleurs ! Merci pour votre libéralité. Quand bien même une épreuve priverait un évangéliste de son activité, il faudrait que l’ « allocation de ministère » (qui correspond au salaire) continue de lui être versée. Pour survivre ! Certains donateurs ont persévéré dans leur libéralité en dépit d’une cessation d’activité de certains évangélistes. Encore merci pour cette fidélité qui honore Dieu.
Plusieurs collaborateurs dépendent de la CAVIMAC [1]. Le régime social des cultes n’offre pas la même protection que le régime général. Certaines prises en charge ou prestations n’existent pas pour eux. C’est pourquoi France Évangélisation a créé une « Caisse de solidarité ». Celle-ci, alimentée par des dons affectés, permet au Comité Directeur de FE d’allouer des aides spécifiques pour des situations particulières qui pourraient résulter d’une épreuve ; longue maladie, handicap d’un enfant etc. Ce n’est pas la seule fonction de cette caisse. Si vous avez à cœur de soutenir l’effort de solidarité destiné aux évangélistes confrontés à des situations compliquées, il est possible de préciser votre don. FE aimerait trouver une dizaine d’Églises – ou donateurs – qui s’engageraient à verser entre 20 à 70 € chaque mois à la « Caisse de solidarité »
[1] Cavimac – Caisse d’assurance vieillesse invalidité et maladie des cultes
L’accompagnement de l’ « œuvre employeur »
Celui ou celle qui passe par l’épreuve vit un séisme personnel. Son ministère ou son avenir est compromis, au moins à court terme. Le besoin de se sentir épaulé, soutenu et compris est vital. J’ai eu, durant notre épreuve, le privilège d’être soutenu par ma mission, et en particulier par mon mentor. Des modalités pratiques et financières ont été mises en place et mon ministère adapté à mes possibilités avec beaucoup de bienveillance. Ce qui ne m’a pourtant pas empêché de développer de grandes culpabilités ! Déchiré entre mes obligations familiales et mes obligations de ministère ! L’écoute et l’encouragement de mon mentor, qui a « tout entendu » au travers de l’épreuve ont été essentiels.
Soyons solidaires, chacun à sa place, de ceux qui sont éprouvés. Sans nous lasser !
Alain et Martine Stamp