Au début du conflit russo-ukrainien, le fils d’un frère de l’Église, infirmier de profession, a eu une idée : organiser un convoi humanitaire pour venir en aide aux ukrainiens. Très vite, par le biais de l’association culturelle humanitaire de notre Église, de nombreuses personnes se sont mobilisées. Pour quelques semaines, cet élan de générosité a réuni des bonnes volontés de tous horizons ! Beaucoup de frères et sœurs ont contacté leur famille, leurs amis, les commerces de leur quartier, leur entreprise, leur mairie, pour les informer de notre action. Notre Église est devenue une vraie fourmilière. Et nous avons reçu des tonnes de denrées de toutes sortes. C’était beau à voir !

Ce fut une magnifique occasion d’apporter un témoignage chrétien. Nous avons été ravis de voir venir dans notre Église des collègues et amis. Ils étaient heureux de pouvoir contribuer, à nos côtés, à cette noble cause. Sans aucun doute, le fait de mettre le pied dans une Église, dans ce contexte d’entraide et d’enthousiasme, a constitué une réelle avancée pour l’œuvre de l’Évangile dans leurs cœurs.

Le convoi s’est organisé petit à petit. De nombreuses personnes, de l’Église et de l’extérieur, ont donné de l’argent pour financer ce voyage. Des contacts ont été pris avec la Pologne. L’enjeu était de trouver des lieux fiables où nous pourrions apporter la cargaison, sans avoir à craindre des détournements. Nous avons été 8 hommes, dont deux non chrétiens, à nous proposer pour faire sur deux jours, l’aller-retour Douai – Przemyls. Il fallait conduire 4 camions, chargés de 75 tonnes. Ils contenaient de la nourriture, du matériel médical, de puériculture et d’hygiène et quelques vêtements d’hiver.

Les camions étaient chargés à bloc et avaient du mal à avancer dans les côtes ! Après 23 heures de route, nous avons pu décharger notre cargaison directement dans d’autres camions. Ces camions partaient le soir-même en Ukraine, tous feux éteints pour ne pas se faire repérer. Le retour s’est fait plus rapidement, en 17 heures.

Bien sûr, il a fallu quelques jours pour se remettre de ces deux jours au cours desquels nous n’avons pas beaucoup dormi. Mais cette expérience fut très enrichissante. Quel bonheur d’avoir partagé ces moments de vraie fraternité ! Quel bonheur d’avoir pu modestement contribuer à la consolation de ce peuple martyrisé…

Aujourd’hui, nous continuons à recevoir des produits pour les Ukrainiens. Mais cette fois-ci, ils sont destinés à celles et ceux qui sont accueillis dans notre secteur. Plusieurs d’entre nous espèrent même pouvoir repartir pour un deuxième convoi en Pologne.

Damien Mollet