Question : Quel métier as-tu exercé parallèlement à ton ministère ?
Pendant presque 37 ans, j’ai travaillé comme fonctionnaire à la Police judiciaire dont 25 ans avec le grade de Commissaire. Je suis retraité depuis deux ans.
Pourquoi te définis-tu comme évangéliste ?
Ce n’est pas moi mais la Bible qui définit l’évangéliste comme un des dons faits par Jésus-Christ à l’Église (Éphésiens 4.11). L’évangéliste a lui-même reçu un don du Saint-Esprit et un appel de Dieu à communiquer l’Évangile et à appeler les gens à croire et à suivre Jésus-Christ. Les responsables de mon Église ont confirmé mon don et mon appel en me consacrant au ministère d’évangéliste il y a plus de 30 ans.
Quelle différence entre évangéliste et témoin pour toi ?
Nous sommes tous témoins mais pas tous évangélistes. Le témoin est un semeur ; l’évangéliste est un moissonneur (et un semeur). Le témoin peut faire au moins trois choses :
- 1) Démontrer l’Évangile par sa vie
- 2) Raconter ce que Jésus-Christ a fait pour lui.
- 3) Conduire une personne vers quelqu’un qui donnera une explication de l’Évangile (s’il ne sait pas le faire lui-même).
L’évangéliste a reçu de Dieu une capacité à expliquer la bonne nouvelle du salut avec simplicité et profondeur. Doté d’une sensibilité spirituelle, il amène les personnes à prendre position vis-à-vis de Jésus. J’ai développé la question dans mon livre « Communiquer l’Évangile aujourd’hui » (chapitre 9).
Pourquoi ce choix de conjuguer travail et ministère ?
J’ai reçu l’appel de Dieu comme évangéliste peu après avoir réussi le concours de Commissaire de Police. J’ai prié avec mon épouse pour savoir si je devais quitter mon travail et exercer mon ministère à plein-temps. La réponse était non. Dieu m’a donné la force et les capacités de mener les deux engagements de front.
Était-ce facile ? Non. Était-ce possible ?
Oui, mais l’important est de faire ce que le Seigneur veut pour nous, dans notre situation personnelle et familiale.
Quels avantages as-tu trouvé à conjuguer les deux ?
Être connecté à la société, à sa pensée, à ses problèmes. Être en contact avec des non-chrétiens et à l’écoute de leurs besoins. Vivre un métier passionnant. Être financièrement indépendant.
Quels inconvénients ?
La fatigue de cumuler les deux engagements. La frustration de ne pas se consacrer davantage à sa passion de communiquer l’Évangile.
Avais-tu des obligations de réserve ?
Oui, une obligation de neutralité et d’impartialité que j’ai toujours respectée.
Ton métier t’a-t-il procuré des occasions de témoignage particulières ?
Bien sûr ! En vivant l’Évangile et en disant l’Évangile. Sans prosélytisme, j’ai eu de multiples conversations sur les origines, le sens de la vie, la foi, la Bible, la destinée, les questions éthiques, etc. Plusieurs personnes m’ont interrogé sur la différence qu’ils voyaient en moi. J’ai pu présenter mon espérance en Christ « avec douceur et respect. »
Quel regard portes-tu sur ton engagement professionnel d’un point de vue de chrétien ?
J’ai essayé d’effectuer un travail de qualité et d’y trouver sens et satisfaction, sans renier mon identité et mes valeurs en Christ.
Penses-tu que l’activité professionnelle est envisagée de manière équilibrée en général ?
La vision des chrétiens est parfois compartimentée. Or, la dimension spirituelle touche tous les aspects de la vie, y compris professionnels. À (re-)découvrir sans doute…
Quels conseils donnerais-tu à des évangélistes bi-vocationnels ?
Soyez certains d’être appelés à cette forme de ministère. Faites vos choix selon des priorités claires : aimer Dieu, aimer son conjoint et sa famille, servir Jésus et l’Évangile, être un travailleur compétent et intègre.
Quelles clés pour conjuguer emploi, ministère, famille, vie d’Église ?
Impossible de répondre en quelques mots. Je donne une formation de plusieurs heures sur le sujet. Très schématiquement : vouloir développer un équilibre de vie ; faire réellement de Jésus-Christ le point d’équilibre ; se décharger de ce qui nous pèse et se charger de ce qui nous allège, etc.
Marc Van De Wouwer