En méditant sur cette question, j’ai tout de suite pensé à ce cantique, dont voici un extrait : « Torrents d’amour et de grâce, amour du Sauveur en croix ! A ce grand fleuve qui passe, je m’abandonne et je crois. Je crois à ton sacrifice, Ô Jésus, agneau de Dieu, et couvert par ta justice, j’entrerai dans le saint lieu. »

L’Évangile est un appel à faire partie de ces hommes, ces femmes, qui depuis des siècles ont répondu « oui » à la proposition de Dieu au travers du Christ en se laissant emporter par ce torrent d’amour et de grâce. L’Évangile est un appel à répondre « oui » à ce venez à moi de Jésus. Un appel à répondre positivement à une Bonne Nouvelle qui est adressée à chacun de nous en particulier, qu’elle que soit sa condition sociale, sa couleur de peau et les circonstances de sa vie. Je suis venu afin que mes brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance… Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.[1] Écoutez-le !

Selon les termes de Ralph Shallis, l’Évangile est l’appel à une Explosion de vie qui commence par une prise de conscience surnaturelle, conduite par Dieu. Celle d’un cœur naturellement vide que rien ne pourrait combler si ce n’est la présence de l’Esprit de Dieu.

Pour que cette « explosion » puisse avoir lieu « il est nécessaire que « Dieu enlève du cœur de l’homme l’obstacle moral que la Bible appelle le péché. Seul le Saint-Esprit peut effectuer cette opération prodigieuse par le moyen du sang précieux du Fils de Dieu. L’emprise de Satan est alors annulée et cet homme, libéré du tourment d’une mauvaise conscience, se tourne vers Dieu avec l’abandon total d’une foi radieuse. Il est sauvé de la seconde mort, il est intégré au plan indestructible de Dieu.[2] »

Lorsque cette étape est franchie, le cantique est chanté ! L’Évangile est donc un appel à la repentance, suscité par le Saint-Esprit, souvent exprimé par le prédicateur : « Nous sommes donc ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous ; nous vous en supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu[3] ! »

Invitation ou appel ?

L’appel de l’Évangile nous pousse à nous poser les vraies questions, à y répondre par un cri qui vient du plus profond du cœur, et à nous positionner : « Seigneur, je viens à toi car je suis un pécheur ! »

Un autre cantique exprime admirablement cette expérience car l’appel de l’Évangile en est une : « Devant toi, je rougis et demeure confus ! Mais, Seigneur, ta bonté révèle ma misère ; N’as-tu pas mis, entre elle et ta colère, l’amour, la croix et le sang de Jésus ? » Je peux affirmer sans la moindre hésitation que l’appel de l’Évangile est un appel à la réconciliation. La réconciliation de Dieu avec les hommes et la réconciliation des hommes avec Dieu.

La question qui découle logiquement de cette courte réflexion est celle de la place de l’évangéliste dans cet appel (en tant qu’invitation). Roger Carswell y répond de manière très pertinente dans L’évangéliste, un ministère à découvrir.

« Est-il de la responsabilité de l’évangéliste d’inciter et de conduire les gens à répondre à l’Évangile sur le champ ? Est-il correct d’exercer une pression affectueuse sur les gens (pas de contraindre) afin de les amener au Seigneur ? S’il est bien d’exhorter les gens pendant le message, pourquoi ne pourrait-on pas le faire à la fin ? On reproche parfois aux évangélistes de laisser trop parler leurs émotions ou que leurs appels sont trop longs. L’émotion n’a rien de mauvais en soi, tant qu’elle provient de Dieu et de sa Parole. Certains évangélistes usent de tromperie, d’autres essaient de compenser dans leur appel ce qui a manqué dans leur message. Ayant prêché sans puissance, ils lancent un appel interminable. Nous déplorons ces abus et craignons qu’au lieu « de mettre les gens au monde » ils ne provoquent de fausses couches spirituelles. Il est anormal de faire croire à ceux qui répondent d’une manière ou d’une autre à un appel public qu’ils sont désormais sauvés, si ce n’est pas le cas. J’ai déjà entendu appeler cette pratique « l’absolution protestante » ! Mais les abus ne doivent pas pour autant nous empêcher d’utiliser correctement des moyens que Dieu peut bénir.[4]»

« …Nous vous en supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! »


[1] Jean 10 : 10 ; Luc 19 : 10

[2] Ralph Shallis, Explosion de vie Édition Farel, p. 15

[3] 2 Cor. 5 : 20

[4] Éditions Emmaüs p. 122, 123.

Daniel C