Questions à Matthieu Hodapp membre du comité de direction de FE et étudiant à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux sur Seine.
Il est toujours délicat de répondre à ce genre de question en quelques mots. Je vais néanmoins vous proposer une courte réflexion sur ce thème tout en essayant de répondre à la question posée. Dans la Bible l’amour a trois objets : Dieu, notre prochain et nous-même[1]. Je vous propose de structurer ma réponse en trois points selon ce commandement du Seigneur.
[1] Luc 10.27
Dieu
Si l’Église a effectivement une mission, il ne faut pas oublier quelle est la mission ! L’Église est d’abord la mission de Dieu. L’histoire du salut de la Genèse à l’Apocalypse nous montre la façon dont Dieu est missionnaire : il appelle Abraham à quitter son pays, il se constitue un peuple, il délivre ce peuple de l’esclavage, il donne une loi à ce peuple, il parle à travers les prophètes, il s’incarne en Jésus-Christ, il envoie le Saint-Esprit, il construit son Église. Si nous sommes ouvriers dans l’œuvre de Dieu, c’est parce qu’il a voulu nous associer à sa mission. Il convient donc de rester humble, dans un esprit de service pour Dieu, devant la tâche à accomplir. Nous devons toujours rester à l’écoute du plus grand des missionnaires. C’est lui le potier, nous ne sommes que l’argile[1] !
[1] Rom. 9.20
Notre prochain
Pour que l’Église remplisse sa mission, pour qu’elle communique efficacement l’Évangile, elle doit rester ouverte aux autres. L’Église doit particulièrement veiller à son intégration dans la société afin de rendre le message de l’Évangile pertinent dans notre monde. C’est d’autant plus difficile que notre société est aujourd’hui multiculturelle. De même que Dieu s’est approché de nous en Jésus, nous devons aller vers l’autre pour lui annoncer un Évangile qu’il pourra comprendre et vivre.
Dans l’envoi en mission de Matthieu 28, Jésus nous commande de faire des disciples, en précisant qu’il nous faut aller. Pourquoi cette précision ? N’est-il pas naturel d’aller vers l’autre pour lui annoncer la Bonne Nouvelle ? Aller vers l’autre, c’est se mettre à son niveau, essayer de le comprendre, lui parler dans un langage adapté… L’apôtre Paul le dit en d’autres termes : Je me suis fait tout à tous, afin d’en sauver de toute manière quelques-uns 1 Corinthiens 9.22. Il est donc possible de s’adapter aux autres et même de contextualiser notre message selon les situations ou les circonstances sans pour autant trahir l’Évangile.
N’oublions pas que les personnes qui ne connaissent pas Dieu ne sont pas des méchants loups qu’il nous faudrait combattre mais des brebis égarées qui ont besoin du Berger-Sauveur. Sachons donc parler de l’Évangile d’une façon conforme à l’Évangile.
Nous-mêmes
Face à cette mission difficile, nous pouvons être découragés. Un des rôles de l’Église est alors de nous ressourcer par l’enseignement et l’accompagnement. Afin d’être de bons soldats pour le Christ, l’équipement et le ravitaillement sont nécessaires[1]. C’est dans l’Église que le chrétien pourra trouver ce dont il a besoin pour remplir sa mission. C’est parce que l’Église est le peuple de Dieu qu’elle est le lieu privilégié pour entendre la voix du Seigneur et comprendre sa mission. Il convient donc de profiter des ministères ainsi que des richesses de nos frères et sœurs afin de grandir dans notre compréhension du message biblique et de nous conformer toujours plus à la volonté de Dieu dans nos vies, y compris dans notre pratique de l’évangélisation.
Dans Phil. 2.1-5, l’apôtre Paul fait remarquer que l’Esprit de Dieu permet la communion fraternelle et il exhorte l’Église à vivre l’unité. Cette dernière constitue un des défis les plus importants dans la vie de l’Église. Dieu veut que les chrétiens vivent en paix les uns avec les autres[2]. Être en bonne relation avec son frère ou sa sœur en Christ fait partie de ce que le Seigneur nous demande. Il nous est même ordonné de nous réconcilier avec notre frère avant d’apporter notre offrande à Dieu (Matt. 5.23-24). Si nous mettons cela en pratique, je suis persuadé que nous aurons un témoignage puissant auprès de nos contemporains.
[1] Éph. 6.11-20
[2] 2 Cor. 13.11
En conclusion, souvenons-nous de l’aspect tridimensionnel de l’amour. C’est en aimant Dieu, notre prochain et nous-même que nous pourrons remplir notre mission, que nous pourrons être de bons témoins dans notre monde, ce monde que Dieu a tant aimé.
Comment prier pour cet aspect ?
• que nous soyons tous de bons missionnaires dans la mission de Dieu et que nous servions humblement notre Maître en restant toujours à son écoute ;
• que l’Église soit bien intégrée (quartier, ville, pays, monde) et qu’elle apporte autour d’elle un Évangile fidèle à l’Écriture ;
• que l’Église soit unie (notamment dans son témoignage).
Matthieu Hodapp