L’Évangile peut-il toucher les Français, alors qu’un sondage les définit comme « champions du monde du pessimisme » ?
On n’a jamais autant parlé d’environnement et d’écologie… au point qu’en 2008, 85 % des Français estimaient que nous allions bientôt vivre une catastrophe écologique majeure.
Le problème c’est que nous en arrivons à penser (inconsciemment ou non) que demain sera certainement moins bien qu’aujourd’hui !
La liste des risques et des menaces qui planent au-dessus de notre tête ne cesse de s’allonger. Le rythme du changement du monde s’est accéléré et il est de plus en plus difficile d’imaginer ses conséquences.
Dans notre société dite développée, l’idée scientiste[1], qui consiste à dire que l’homme est capable de maîtriser son environnement, est en train de s’écrouler. Raison pour laquelle nous trouvons inacceptables certains risques liés à la présence d’usines chimiques, centrales nucléaires, ou antennes d’opérateurs de téléphonie mobile près de notre lieu de vie.
Le Français vit dans la peur des autres et de leur pouvoir de nuisance (ex. Au travers de la délinquance, de l’incivilité, voire de la concurrence).
Le vide existentiel aussi fait peur. Il est produit par un mode de vie de plus en plus matérialiste, qu’on a appelé très justement, dans les années 60-70, société de consommation.
Nos contemporains ont également compris que la politique, quel que soit le parti, ne répondra pas à leurs aspirations profondes de justice et de vérité. La liberté, l’égalité et la fraternité sont restés au stade d’un hypothétique idéal. À ce titre, même l’idée d’un progrès de l’esprit humain est ouvertement remise en question, que ce soit dans les domaines de l’éthique, ou dans la recherche de sens.
La confiance dans la science et la technique ne peut plus être aveugle à l’ère de la bombe atomique ou des manipulations génétiques.
On a peur de la science et de ses perspectives parfois effrayantes, peur de la technologie, des objets de plus en plus complexes qu’elle produit, et des frustrations qu’elle engendre.
On a peur de ne pas savoir, peur de ne pas comprendre, peur de prendre de mauvaises décisions, peur de ne pas trouver sa place dans la vie, peur de ne pouvoir la maintenir ou de l’améliorer. Peur d’être seul, peur de la maladie, de l’accident, de la catastrophe. Peur… évidemment de la mort.
Rien d’étonnant que les « psys » soient de plus en plus présent dans la vie de nos contemporains. On dit que leurs cabinets ont remplacés les confessionnaux des églises.
Si nous parcourons la Bible en observant la question de la peur, nous comprendrons que cette dernière est largement associée au péché. J’ai eu peur et je me suis caché[2] dit Adam… le premier coupable. Depuis le Jardin d’Éden, la voix de Dieu ne cesse de poser la même question : Où es-tu ?
N’est-ce pas le message de Jésus-Christ ? N’est-ce pas, en écho, le message de l’Évangéliste ? Celui de France Évangélisation ?
Depuis le Jardin, ce message de Dieu n’a jamais cessé de retentir.
Nos lointains ancêtres, les Gaulois, redoutaient que le ciel leur tombe sur la tête. La pertinence de l’Évangile, est qu’il invite nos contemporains à lever les yeux en tout premier lieu vers Jésus-Christ, le Fils de Dieu, Dieu fait homme.
Jésus est venu pour nous montrer de façon très efficace comment aimer Dieu et aimer son prochain. Si ce signe fort de l’Évangile est vécu de manière incontestable, il tracera une route jusqu’au message proclamé, celui de la croix de Jésus.
Or nos contemporains sont bombardés de messages contradictoires. Ils sont en proie au mensonge de façon quasi permanente. Il leur est difficile de croire.
[1] Le scientisme est une idéologie apparue au XVIIIe siècle selon laquelle les progrès scientifiques permettraient d’échapper à l’ignorance dans tous les domaines et donc, selon la formule d’Ernest Renan (1823-1892) d’organiser scientifiquement l’humanité.
[2] Gen. 3.10
Notre approche ressemble souvent à celle-ci :
Nous : Regardez, comme nous sommes à la page !
Eux : Vous trouvez ? Moi je vous trouve plutôt ridicules !
Nous : Dieu vous aime et il a envoyé Jésus pour vous !
Eux : Vous essayez de me manipuler ? J’en ai marre d’être manipulé par les gens, par les médias… etc. Il ne manquait plus que vous.
Nous : Vous êtes des pécheurs devant Dieu !
Eux : Dieu existe ? J’aimerais bien savoir pourquoi les deux églises dans la rue d’à côté affirment que les 3 autres sont dans l’erreur ? D’ailleurs, ils squattent toutes les places de parking de la rue…
Nous : Venez donc, nous avons organisé une super soirée !
Eux : Pourquoi faire ? Vous n’êtes pas un peu bizarres vous ? D’ailleurs, quand vous parlez, j’ai vraiment du mal à comprendre ce que vous dites…
Nous : Nous voulons répondre à vos besoins !
Eux : Comment pouvez-vous connaître mes besoins ? Je vous trouve un peu prétentieux. D’ailleurs, les publicités font exactement comme vous…
C’est une caricature, certes, mais le Français doit voir que les chrétiens ne sont pas bizarres, juste différents. Ne supportant pas le mal, honnêtes, bons, authentiques, à l’écoute, respectueux, fidèles, bienveillants, miséricordieux, artisans de paix, joyeux, serviables, généreux, hospitaliers…
Le climat actuel de la société est favorable à un Évangile authentiquement vécu. Il peut toucher le Français d’aujourd’hui, mais pour que le « où es-tu ? » soit entendu et compris, il faut qu’il soit précédé d’un « viens et vois ». Viens et vois comme l’Évangile est pratique et concret… Alors notre Évangile deviendra contagieux !
Daniel C